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Manlio Argueta (français / anglais)

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MANLIO ARGUETA

 

« L'enfance, c'était, dans la nuit, penser au jour qui viendrait,
mamans malades, et papas qui ne venaient jamais,
frères qui s'en allaient, vous oubliant bientôt
à mesure qu'ils ne revenaient plus chez nous. »

Manlio Argueta

 

Frère, tu es resté magnanime

Dans toutes les cruelles circonstances

De ta vie orphique !

 

L’insensée et violente vanité

N’a jamais pu crucifier

Ton cœur de pur diamant !

 

Toi,

L’homme allégrement innocent

Et obstinément heureux !

 

Toi,

Qui avances par béances successives

Vers l’essentiel !

 

Ce soir, ému jusqu’aux larmes,

Incroyablement dilaté par notre proximité,

Je lis tes vers

Et ferme la porte

Pour que l’austère vent d’octobre

N’entre pas dans la maison.

 

Oh, comme tout ce que ton âme émerveillée,

Etrangère à toute sourde violence,

Touche de son regard vierge

Devient plaisant, nostalgique, élevé !

 

Tu as des secrets impalpables,

Des tiges de tournesol pour sabre,

Des raisins d’ambre pour dire ta

Périlleuse tendresse !

 

Suspendu dans la splendeur impériale des jours

Tu rends plus acceptable, plus accueillante

Ma pauvreté dans sa pure et vibrante quiétude !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 5 octobre 2013

 

Glose :

Manlio Argueta (né à San Miguel, Salvador, en 1935) : poète, écrivain et critique littéraire salvadorien. Il commence à écrire de la poésie à l’âge de treize ans. Il cite Pablo Neruda et García Lorca comme ses premières influences poétiques. En 1956, il remporte le Grand Prix National de Littérature. En raison de ses écrits critiquant le gouvernement, il est contraint à l’exil au Costa Rica (1972). Il regagne le Salvador au début des années 1990. Manlio Argueta est Directeur de la Bibliothèque Nationale du pays.  Son roman « Un jour comme tant d’autres » a été publié en France (l’Harmattan).

ENGLISH :

Manlio Argueta

 

‘Childhood for me meant nights spent thinking about the coming day, sick mothers, absent fathers, departed brothers who soon forgot you as they never again returned home.’

Manlio Argueta

 

Brother, you remained magnanimous

Despite the many cruel circumstances

Of your Orphic life!

 

Senseless and violent pride

Could never crucify

Your heart of pure diamond!

 

You,

A man cheerfully innocent

And obstinately happy!

 

You,

A man who pushes on through your wounds

Towards the essential!

 

Tonight, moved to tears,

Tears that more readily because we are so near in spirit,

I read your verse

And close the door

To stop the harsh October wind

Entering the house.

Oh, how everything that your wonderstruck soul,

Alien to all tacit violence,

Touches with its innocent eyes

Becomes droll, nostalgic, noble!

 

You have secrets that can’t be touched,

Sunflower stalks for a sabre,

Yellow grapes to speak of

Your vulnerable tenderness!

 

Aloft in the imperial splendour of days

You render my poverty more acceptable,

More welcoming in its pure and vibrant quietness!

 

Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges

Mis à jour ( Vendredi, 01 Novembre 2013 17:22 )