Statistiques
Blogspot            ancien site - cliquer ici / old website - click here            Poetrypoem

CONFITEOR TIBI DOMINE (français / anglais)

PDF
Imprimer
Envoyer

CONFITEOR TIBI DOMINE

A Michel-Richard Delalande

I.

Ô mon Dieu, il n’y aura de paix

Qu’une fois dites les intimes prières pour les morts !

Un fois les invocations jaillies de mon âme, mon Dieu,

Entrées dans le cœur des fleurs

Et descendues jusqu’au secret de leurs chaudes racines,

 

Une fois, mon Dieu, que mes pleurs auront arrosé

Les nids des noms aimés bâtis sous les syllabes du vent,

Là où dans les intervalles qui les séparent

Poussent des arbres

D’une beauté fascinante !

 

Ô prières toutes

De rosée !

 

II.

 

Ô mon Dieu, il n’y aura de paix

Qu’une fois mon cœur prostré

Sur les dalles moussues de miens !

 

III.

 

Venez, ombres suaves,

Déshabillez l’eau fraîche,

Déposez les bouquets de mes nostalgies

Sur sa poitrine endormie.

 

Mon amour, fais-toi printemps

Pour que dans les traces de la vie des défunts

Jaillissent le satin blanc des perce-neige

Et la soie d’or des primevères.

 

Brise, fais que des calices des aubépines

Coule la suave rosée sur leur cheveux de capucines.

IV.

Puissent tes paroles, mon Dieu,

Moirer toute la vallée où dorment mes ancêtres !

 

Seigneur,

Je sais

Qu’un fil invisible unit toutes les vies,

Que les paroles, plus légères que les ailes des libellules,

Gravitent autour des colonnes silencieuses des âmes

Sous la douce pluie fruitière des années !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 20 juin 2012

 

J’ai écrit ce poème en écoutant la merveilleuse musique de Delalane.

Glose :

Confiteor tibi Domine – Je confesse, Seigneur.

Michel-Richard Delalande (1657-1726) : violoniste, organiste, compositeur. Quinzième enfant d'un maître tailleur. De 1667 à 1672, il chante dans les chœurs de Saint-Germain-l'Auxerrois (Paris), dirigés par François Chaperon. À partir de 1672, il fait une courte carrière de violoniste. Il est ensuite actif comme organiste.  Vers la fin des années 1670 et le début des années 1680, il obtient des services dans quatre églises de Paris : Saint-Gervais (intérim entre Charles et François Couperin de 1671 à 1686), Petit-Saint-Antoine, Saint-Paul et, en 1682, à Saint-Jean-en-Grève. Il compose des intermèdes pour les tragédies du collège des jésuites de Paris.

En 1680, François Chaperon, qui a obtenu des fonctions à la Sainte-Chapelle, fait appel à lui pour participer aux Ténèbres de la Semaine Sainte. Il est professeur de clavecin de plusieurs princesses à la cour : les soeurs de Louis XIV, Madame de Montespan, Mademoiselle de Nantes, Mademoiselle de Blois.

Grâce à elles, il donne ses premières musiques profanes à la cour : 1682, La sérénade ; 1683, Les fontaines de Versailles et Le concert d’Esculape. La même année, il est sous-maître pour un quartier à la chapelle royale et obtient un second quartier en  1693, le troisième en 1704, enfin le quatrième en 1714. En 1684, il épouse Anne Rebel. En 1685, il compose l'Épithalame pour le mariage du duc de Bourbon et de Mademoiselle de Nantes. En 1686, son Ballet de la jeunesse remplace Armide de Lully pour les réjouissances du carnaval. De 1689 à 1719, il est surintendant de la musique de la chambre du roi, en 1690, compositeur de la chambre.

En 1722 son épouse décède. La même année le régent, Philippe d'Orléans, le gratifie de l'ordre de Saint-Michel.

ENGLISH :

Confiteor Tibi Domine

For Michel-Richard Delalande

 

I.

 

O God, there will be no peace

Until intimate prayers for the dead have been spoken!

Until the invocations that gushed from my soul, O God,

Have entered into the hearts of flowers

And penetrated down to the secret of their warm roots,

 

Until, O God, my tears have watered

The nests of their beloved names built beneath the syllables of the wind,

Where in the spaces that separate them

Grow trees

Of a fascinating beauty!

 

O prayers all

Of dew!

 

II.

 

O God, there will be no peace

Until my heart has prostrated itself

Upon the moss-covered flagstones of my own kind!

 

III.

 

Come, sweet shadows,

Undress fresh water,

Place the bouquets of my nostalgias

Upon its sleeping breast.

 

My love, become spring

So that in the tracks of the lives of the dead

There will spring up the white satin of snowdrops

And the golden silk of primroses.

 

Breeze, make the sweet dew flow

From the calyxes of the hawthorn onto the locks of the nasturtiums.

 

IV.

 

May your words, O God,

Marble the whole valley where my ancestors sleep!

 

Lord,

I know

That an invisible thread unites all lives,

That words, lighter than the wings of dragonflies,

Revolve around the silent columns of souls

Beneath the gentle rain that is the fruit of the years!

 

Note: Written while listening to the marvellous music of Delalane

 

Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy 26/27.06.12 by Norton Hodges

Mis à jour ( Mercredi, 27 Juin 2012 18:49 )