Statistiques
Blogspot            ancien site - cliquer ici / old website - click here            Poetrypoem

LA MORT DU PROPHETE MAHOMET (français)

PDF
Imprimer
Envoyer

 

LA MORT DU PROPHETE MAHOMET

            (lamentatio)

(Mahomet : Abû Ibrâhîm Muhammad ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Abd al-Muttalib ibn Hâshim)

« Celui qui désire la vie future, qui fait des efforts pour l’obtenir, qui en outre est croyant, les efforts de celui-là seront agréables à Dieu »

            Coran, sourate XVII, Le Voyage nocturne, verset 20

 

« Louange à Dieu souverain de l’univers,

Le Clément, le Miséricordieux,

Souverain au jour de la rétribution.

C’est Toi que nous adorons, c’est Toi dont nous

            implorons le secours.

Dirige-nous dans le sentier droit,

Dans le sentier de ceux que Tu a comblé de Tes bienfaits,

De ceux qui n’ont point encouru Ta colère

            et qui ne s’égarent point.

                        Amen. »

            Coran, sourate I, Au Nom de Dieu Clément et Miséricordieux

 

Viens sur mon cœur, Ange de la claire Lumière,

En ce Jour de cinglante affliction,

En cette Année de sourds gémissements,  

En cette Heure ultime de sanglots,

Messager brillant du Beau Savoir,

Toi, céleste archi-stratège des hiérarchies du Ciel,

Guide et protecteur des immaculés,

Toi qui dictas de ta voix pareille au chant de mille fleuves,

Toi qui incisas sur les lèvres pleines d’excellence du Prophète

Les Paroles immortelles du Livre sacré !

 

Viens, Ange, entre le coucher des Pléiades et le lever du Soleil,

Touche de ton regard éclatant ma bouche excessive !

Rappelle-toi le serviteur de Dieu, al-Khidr,

Et la Divine Nuit, la Nuit du Destin,  laylat al-qadr,  

Pendant le lumineux mois du Ramadan !

 

La Nuit où la branche mélodieuse

Sur la branche mélodieuse, sa sœur, s’endort et se pâme,

La Nuit où l’air léger cesse de chanter,

Les lentes rivières s’arrêtent de couler,

 

2.

 

Et le vent s’abandonne aux sereins baisers du silence !

 

La Nuit où, ô mon âme, on peut entendre frémir les hauts palmiers

Et grandir les herbes ténues sous l’haleine prodigieuse de la Lune !

 

La Nuit qui créa de brises insouciantes et de sables brûlant

L’agile, le rapide Bédouin,

Et d’une flèche véloce, d’un javelot chantant

Le cheval indomptable, le coursier indocile et rebelle comme l’éclair !

 

La Nuit qui a vu le Ciel, aussitôt devenu Verbe,

Déverser dans l’oreille de l’Elu, tel un luisant filet de miel,

Le mystère des mystères !

 

Ô Ange des songe harmonieux,

Change ma foi, droite comme le tranchant de l’épée,

En harpe vibrante et sonore, en cithare de clarté,

En beauté inscrite dans chaque graine,

En lac radieux, pur paysage de l’âme, de l’esprit et du temps,

En source translucide, en mots sans souillure,

En phrases sans hiatus ni perfide flétrissure !

 

Que résonnent ses cordes attentives !

Qu’elles disent aux âmes affligées,

Aux cœurs lacérés par la douleur

En ce jour de lamentation et de deuil,

Comment s’en est allé,

Dans la paix infinie de la bonne chaleur de ce mois de juin,

Le Divin Messager, l’Ami des hommes, le Fidèle, Al-Âmin,

Le doux cavalier de la Justice !

 

Dis les tressaillements délirants de la Terre,

Les frénésies irrésistibles des larmes,

Les ivresses funéraires des sanglots,

Les vertiges berceurs de la tristesse !

 

Dis, dis Ange des anges, comme il se leva, équanime et paisible,

De parmi ses terribles souffrances,

Comment, la tête bandée de la fine écharpe blanche,

Il alla, suffoquant de douleur, trébuchant,

Saluer les tombes sacrées des martyrs

Tombés à Ohod, corps bénis, couchés à présent, pour l’éternité,

Au cimetière accueillant de Baqi !

 

Comment, prosterné sur la terre aimante, la terre fidèle,

Il pleura de ses larmes justes et exactes,

Ses amis délectables, ses hommes vaillants, 

3.

Mouillant de la tendresse liquide de ses yeux magnifiques,

Ses yeux oints de kohol et de collyre à l’antimoine,

Leur repos irrépréhensible et doux !

 

Dis, ô Ange de l’Aurore, comment il demanda aux vivants

Sept seaux d’eau vive de sept puits différents

Pour rafraîchir, une dernière fois,

Son corps chancelant, son corps fragile

Comme une tige de narcisse du désert,

Comme un branche de grenadier !

 

Comment il alla, à pas mal assurés, à la mosquée de Médine,

Parmi ses frères et dévoués auxiliaires, les Ansars irréprochables,

Et les Exilés tant éprouvés de La Mecque,

Comment il monta en chaire

Dans le minbar et, ayant récité l’oraison,

Prononça ces mots terrifiants :

 

« Un parmi nous passera bientôt près du Créateur »

 

Ah, mots qui pousseront à jamais, comme le lierre sauvage des bois,

Dans le cœur des hommes qui l’aimeront pour toujours

Avec toutes les gouttes de leur sang !

 

Dis, Ange de l’éther, comment il demanda,

D’une voix merveilleuse de douceur et d’amour,

D’une voix débordante de confiance absolue

En la très grande et très tendre,

En la très sûre et belle bonté de Dieu notre Seigneur,

Pardon au peuple anéanti de chagrin,

Implorant ses amis à ne point ériger son tombeau

En lieu de pèlerinage et de culte

Ni sa maison en aire de prière !

 

Dis, Ange de Dieu, comment avec le dernier souffle

Qui  lui restait encore dans sa défaillante poitrine,

Il demanda à sa femme tant aimée et chérie,

Aïcha, la pure et la douce, la mère

Du peuple innombrable des croyants,

De faire don aux pauvres de la cité,

De faire aumône suprême,

Des derniers sept dinars qu’il possédait,

Le seul, l’unique trésor de toute une vie

De sacrifices inouïs, de larmes, de supplices, de blessures,

De cicatrices, de famine, de soif, de labeur

Et d’abnégation insondable !

4.

Comment il formula avec une grâce incomparable,

Avec la plus belle des bienveillances,

Sa dernière volonté de pureté :

Oui, il supplia, ô mon âme,

Qu’on lui lavât avec minutie,

Qu’on lui frottât avec courtoisie, avant le départ éternel,

Ses dents, blanches comme les marguerites du printemps,

Luisantes comme le silex des dunes.

 

Révèle, ô mon chant, comment à l’instant

Où il rendit à l’Ange Gabriel son âme déférente,

Le sceau céleste de la haute prophétie, le signe astral

Dont Dieu l’avait marqué à sa naissance entre ses deux épaules

S’effaça brusquement, subitement,

Comme un rêve froid s’évapore à la chaude clarté du matin,

Comme un soupir sonore se laisse étouffer par la brise,

Comme un songe se dilue dans l’eau caressante d’un baiser !

 

Et puis, comment dans sa maison si modeste,

Dans sa demeure simple comme la divine miséricorde,

Tomba le silence immuable de l’été irréprochable,

Comment la mer aventureuse de la grande chaleur herbée du Midi

Et l’ardeur cristalline de l’air transi de tristesse

Se couchèrent sur le seuil inconsolable !

 

Dis, Ange de la Voie Lactée,

Comment on lava son corps à jamais endormi

Dans les bras des anges éplorés,

Comment on l’a vêtu de la tunique blanche

En la jonchant de branches de jasmins,

Comment on l’a enveloppé dans le tapis rouge

Tissé par les mains aimantes et hâlées des fidèles Bédouines !

 

Dis, dis, ô Ange de la Dernière Heure,

Comment on l’a déposé dans la tombe émerveillée,

La face tournée vers La Mecque,

Vers la douloureuse, la brûlante, la cruelle, la tendre patrie,

La dure patrie de son enfance indigente,

Baignée par tant de larmes solitaires,

Recouverte par tant de cicatrices et de plaies !

 

Comment on a laissé découverte

La joue droite, sa joue douce et nacrée,

Pour que la terre puisse la toucher de ses lèvres reconnaissantes,

Pour que le sable puisse caresser

De sa chaude et ample bonté son sommeil !

5.

 

Dis comment on a planté sur sa tombe fraîche

Un rameau de vert dattier

En signe de renaissance perpétuelle !

 

Dis, ô mon chant triste, ô mon âme inconsolable,

Dis si tu le peux encore,

Comment, quand les hommes se sont éloignés

De cet immortel cimetière,

Descendirent de l’azur les légions rayonnantes

Des prophètes et des saints

Pour accueillir l’âme lumineuse de l’Ami de Dieu !

 

Comment les anges supérieurs aux corps tissés d’étoiles,

Aux corps où frémit l’inépuisable jeunesse de la vie éternelle,

Déposèrent sur son cœur des fleurs de lys cueillies

Dans les jardins du Seigneur !

Ces anges qui l’avaient vu jadis monter, ravi, au Septième Ciel,

Atteignant Sidrat-al-Muntaha, l’Arbre de la Pure Lumière,

Le Lotus de la Clarté !

 

Ô nuit silencieuse, nuit de toutes les merveilles,

Inscris mon poème douloureux

Sur le velours noir de tes paupières,

Brode-le en lettres d’or sur ta mauve poitrine,

Accroche-le au sanctuaire de ton cœur !

 

Ô belle nuit, immense nuit arabique,

Jardin voyageur rempli de vivante sainteté,

Verse les baumes de la paix,

La fraîcheur viatique des songes impalpables

Sur le sommeil lumineux, sur le sommeil divin

Des êtres à jamais

Bons, Justes et Purs !

 

Ikra, lis,

Récite, nuit glorieuse,

Nuit célèbre, nuit des miracles,

L’abandon glorieux de l’âme

A l’insondable, à la sainte, à l’aimable volonté

De Dieu, notre aimable Seigneur

Qui rythme l’écoulement du temps intemporel

Et sanctifie de son Chant

Le chant de ses doux Glorificateur et Amis !

 

« Dis : Je cherche un asile auprès du Seigneur des hommes,

Roi des hommes,

Dieu des hommes,

 

6.

 

Contre la méchanceté de celui qui suggère

les mauvaises pensées et se dérobe ;

Qui souffle le mal dans les cœurs des hommes ;

Contre les génies et contre les hommes. »   

 

            Coran, CXIV, Les Hommes   

                         

                        Athanase Vantchev de Thracy 

Glose :

Le Prophète Mahomet (Muhammad) était le fils de ‘Abd-Allâh (‘Abdallah), prénom qui signifie « serviteur de Dieu », demi-frère d’al-Abbâs et d’Abû Tâlib du clan des Banû Hâshim ou Hachimides. Son père ‘Abdallah (circa 554-570) était le dixième enfant de ‘Abd al-Muttalib, noble Mecquois, hanif, libre chercheur de Dieu. Par sa mère Salma, ‘Abd al-Muttalib était lié à l’oasis de Yathrib où se dressa plus tard la ville de Médine. La mère du Prophète, Âmina bint Zuhrah, était également native de cette même oasis.  

Le Prophète naquit en 570 de l’ère chrétienne à La Mecque, la plus sacrée de toutes les villes de l’Arabie. Le père, ‘Abdallah, mourut quelques semaines avant la venue au monde de celui qui allait fonder l’islam, la dernière grande religion monothéiste au monde. Il légua à sa jeune femme, Âmina, cinq chameaux et une vieille esclave. La mère, privée de ressources, quitta La Mecque et rejoignit sa famille à Yathrib.

Le prénom Mohammad signifie « le lieu par excellence de la louange » ou « le plus loué », « periclitos » en grec ancien. Quoique pauvre, Mahomet, en tant que Qoreïch, appartenait à la plus ancienne noblesse d’Arabie. La tribu des Qoreïch (Qoreïch signifie « les petits requins ») gouvernait depuis des siècles La Mecque. Elle était composée de dix grandes familles, parmi lesquelles les Hâshim (Hâshim est l’arrière-grand-père du Prophète), les ‘Abd Shams, les Naufel, les ‘Abd-Dar et… les Umayya qui règneront plus tard, pendant cent ans, de 650 à 750 ap. J.-C., sur l’immense Empire musulman.

Mahomet eut comme première nourrice Tuwaïbah, une esclave de son oncle paternel Abû Lahab et, comme frères de lait, ses deux autres oncles, J’afar et Hamza, qui allaient lui rester fidèles à jamais. Il eut comme deuxième nourrice la Bédouine Halîma bint Abû-Dh’ayab du clan des Banû S’ad, comme frère de lait son fils Mesrouth et comme sœur de lait sa fille Shaymâ’. Âmina, la mère du Prophète était poétesse. Comme nous l’avons dit plus haut, restée veuve, elle rentra avec son enfant à Yathrib. Après la mort de cette mère tant aimé, Mahomet dut revenir à La Mecque chez son grand-père ‘Abd al-Muttalib qui, à cette époque, occupait la haute fonction de siqaya, « celui qui désaltère » les pèlerins à la Ka’aba, sanctuaire connu dans toute la péninsule arabique. Ce sanctuaire était haram, « sacré » depuis toujours, car , selon la croyance des antiques tribus de la région, il était construit par Adam, le premier homme, et restauré plus tard par Ibrâhîm (Abraham), l’ancêtre commun des Arabes et des Juifs. Toutes les religions y étaient représentées. Sur un des murs de la Ka’aba était peinte une magnifique fresque représentant la Vierge Marie tenant dans ses bras l’Enfant Jésus. Chose importante à savoir : une fois revenu dans ce sanctuaire après la reconquête de La Mecque, le Prophète ordonna que l’on effaçât toutes les fresques et que l’on détruisît toutes les idoles et tous les bas-reliefs figurant les dieux païens, « sauf – avait-il dit en ce jour de triomphe de l’islam – ce qui se trouve sous mes mains ». C’est la fresque de la Vierge Marie et de Jésus Enfant qui se trouvait sous les mains pieuses du Messager de Dieu. Peu sont ceux qui savent que le Prophète manifesta toute sa vie un profond respect pour le christianisme allant jusqu’à permettre aux chrétiens venus le saluer à Médine, de célébrer plusieurs messes dans la mosquée.

‘Abd al-Muttalib mourut à 110 ans, laissant le jeune Mahomet, à peine âgé de huit ans, tout seul. Ce fut alors Abû-Talib, son oncle, dernier frère de son père et d’al-Abbâs, qui accueillit, protégea et éduqua l’enfant ensemble avec son propre fils ‘Ali. Plus tard, ‘Ali, adopté par Mahomet, prendra pour épouse sa fille, Fâtima.

Mahomet se maria à l’âge de 25 ans, en 595, avec la riche commerçante mecquoise Khadîja bint Khuwaylid (circa 555 – 619), surnommée la tahîna, « l’honnête », qui était âgée de 40 ans. Khadîja avait été mariée déjà deux fois : de son premier mariage elle avait eu un fils, Hind, du deuxième lit une fille, appelée également Hind. Cette femme au caractère fort donna au Prophète trois fils, Qâsim, Tayyib, Tâhir, tous morts en bas âge, et quatre filles : Ruqayya, Zaynab, Umm Kulthûm et Fâtima. Seule Fâtima, l’épouse de ‘Ali, eut des descendants : Hasan et Husayn. Khadîja fut le grand amour du Prophète, son bon conseiller, son premier disciple. Jusqu’à la fin de sa vie, Mahomet ne put prononcer son nom sans que ses yeux se remplissent de larmes.

C’est en 610 ap. J.-C., âgé de quarante ans, que Mahomet reçut ses premières révélations, transmises selon lui par une voix qui lui ordonnait de « réciter » ce qu’il entendait et qui était, selon des versets du Coran plus tardifs, la voix de l’ange Gabriel. Il attendit quatre ans avant de se faire entendre publiquement et, de ce moment jusqu’en 622, il ne cessa de multiplier ses appels, suscitant de plus en plus, pour lui-même et son entourage, les railleries, puis les sévices des Mecquois. Bravant le polythéisme de ses concitoyens, Mahomet prêcha la foi en un Dieu unique, Allah, forme abrégée de Al-Illah, la tawakhu ou confiance absolue en Dieu, le renoncement à la vie clanique, à l’égoïsme aveugle, l’imminence du Jour du Jugement dernier, la bonté, l’amour du prochain, la miséricorde, la charité. Sa doctrine déchaîna l’hostilité même de ses proches parents, dirigeants de sa ville natale, La Mecque, ce qui força Mahomet et quelques-uns de ses amis convertis à la nouvelle religion, l’islam,  à chercher refuge à Yathrib (la future  Médine). Cet « expatriation », hijra en arabe,  eut lieu en 622. C’est le 16 juillet de cette année 622 que débute l’ère de l’Hégire, c’est-à-dire l’ère musulmane. En dix ans, le Prophète sut imposer l’islam à toute l’Arabie. En 630, après plusieurs durs affrontements (624, 625, 627), La Mecque embrassa la nouvelle religion.

Le mot islam veut dire « soumission », soumission bien sûr à Dieu. Est musulman (muslim) celui qui se soumet à la volonté de Dieu. La forme muslim est le participe passé du verbe arabe aslama, « se soumettre ». Les quatre premiers musulmans furent, par ordre chronologique, Khadîja, ‘Ali, Zayd Hâritha, jeune esclave syrien affranchi par Mahomet, Abû Bakr al-Siddîq ou le Véridique. Abû-Bakr, l’Ami fidèle, le Confident, le Compagnon le plus proche du Prophète, deviendra, après la mort de Mahomet, le premier calife des musulmans ! Le mot calife, signifie littéralement « successeur », sous-entendu de Mahomet. Gagné corps et âme à la cause du Messager de Dieu, Abû Bakr, cet homme merveilleux, n’hésita pas un instant à marier sa toute jeune fille Aïcha, le premier enfant musulman, au Prophète.

 

Mahomet mourut le 8 juin 632 dans les bras de sa femme Aïcha entouré de ses fidèles Compagnons : ‘Ali, son fils adoptif et son gendre (devenu le quatrième calife),  Abû-Bakr, son plus fidèle ami et son beau-père (élu premier calife), ‘Umar ibn al-Khattab (élu deuxième calife), son autre beau-père, ‘Uthmân ibn Affân, deux fois gendre du Prophète (élu troisième calife). Malgré son amour infini pour sa ville natale, La Mecque, il voulut s’éteindre à Médine par fidélité au serment qu’il avait prêté aux douze Médinois qui avaient embrassé l’islam au moment le plus difficile de sa vie et qui restèrent connus dans l’histoire comme les Ansâr (littéralement les « Auxiliaires »). Ce furent les Ansars qui accueillirent à Yathrib le Prophète et ses Compagnons exilés mecquois, les Mûhajirûn.

Al- Khadir ou Al-Kidr : nom d’une figure mystérieuse, vénérée et populaire en milieu musulman, qui fut généralement identifié avec « le serviteur de Dieu » accompagnant Moïse (Mûsâ) dans un des épisodes que relate le Coran.

 

Al-Khadir est considéré, tantôt comme un prophète, tantôt comme un saint personnage représentant de Dieu sur la mer et sur la terre qui, selon certains auteurs, aurait même acquis l’immortalité. Son nom qui signifie « le vert » est énigmatique. Enigmatique aussi est l’origine des divers récits relatifs à cet être mystérieux que l’exégèse coranique a évoqué à propos des versets 61-83 de la sourate XVIII, certaines auteurs voulant même y retrouver la personnalité d’Elie telle qu’elle se présente dans la légende rabbinique et telle qu’elle était invoquée par les juifs du Moyen Âge, spécialement pour demander la pluie.

Laylat al-qadr : la  nuit durant laquelle fut révélé le premier verset coranique. On appelle cette nuit laylat al-qadr ou le « nuit du Destin » parce que, dans la croyance populaire, c’est au cours de cette nuit que, tous les ans, est fixé le destin de chaque homme.

Al-Âmin : un des surnoms du Prophète. Ce terme signifie fidèle, sûr, fiable. Avant la Révélation, les Mecquois avaient choisi Mahomet pour arbitrer entre eux en raison de son honnêteté et de son jugement sûr. Ils le surnommèrent al-Âmin.

Minbar (n.m.) : élément mobilier participant à l’aménagement de la grande-mosquée depuis l’époque du Prophète et s’étant conservé jusqu’à nos jours sous la forme d’une chaire à degrés, souvent un escalier de plusieurs marches. 

Ohod ou Uhud (bataille d’), novembre 625 : bataille des musulmans de Médine contre une petite armée païenne venue de la Mecque pour venger les morts de la bataille de Badr. Lors des combats, les défenseurs de l’islam perdirent de nombreux guerriers. Parmi les personnages tombés en shahîd (pl. shuhadâ’) ou « martyrs » figurait Hamza, l’oncle de Mahomet. Le Prophète lui-même fut blessé lors des combats. L’emplacement de la bataille et les tombes de ceux qui y avaient péri ainsi que la mosquée-oratoire dédiée au souvenir de Hamza devinrent des lieux de visites pieuses ou ziyâra.

Kohol, koheul, khôl (n.m.) : mot arabe qui signifie alcool. Fard de couleur sombre appliqué sur les paupières, les cils, les sourcils. Les hommes aussi s’en servaient pour protéger leurs yeux de différentes maladies.

Collyre (n.m.) : du grec kollurion, « onguent ». Médicament liquide, isotonique aux larmes, qu’on instille dans l’œil.

Antimoine (n.m.) : de l’arabe ‘itmid. Corps simple au symbole chimique Sb, solide blanc argenté, cassant, dont le principal intérêt est la stibine, et qui augmente la dureté des métaux auxquels on l’associe. Stibine (n.f.) : sulfure naturel d’antimoine Sb2S3.  

Ikraâ’ : mot arabe qui signifie « Lis ! »            

L’Ange dans le poème est Gabriel. Il est mentionné une seule fois dans le Coran, sourate II, verset 91, sourate appartenant à l’époque de Médine. Pour les chrétiens, Gabriel est un Archange. Mais en fait, Gabriel est un des six séraphins se tenant, selon la Bible, devant le trône de Dieu. L’Ancien Testament cite les noms de deux autres séraphins : Michel (Mikaël) et Raphaël.  

Coran (n.m.) : en arabe qur’an ou « récitation », nom donné à l’ensemble des révélations transmises par Mahomet lors de sa mission au nom d’Allâh, mises par écrit surtout après sa mort pour constituer l’une des bases fondamentales de la doctrine et de la Loi musulmanes ainsi que l’objet essentiel des sciences religieuses islamiques. Les savants occidentaux rapprochent cette appellation du syriaque qeryana qui signifie « lecture des Ecritures » ; mais les musulmans se contentent de la considérer comme le nom verbal du terme qara’a, « lire, réciter » qui apparaît plusieurs fois dans le texte du Coran, notamment dans un des versets considéré comme un des plus anciens où Mahomet reçoit l’ordre suivant : « Récite, au nom du Seigneur qui créa » (Coran, XCVI, 1). Selon la doctrine officielle de l’islam, le Coran est un livre (qîtab) incréé, le Livre par excellence, celui dont l’archétype céleste est célébré par la plupart des commentateurs musulmans, un Livre dicté et non inspiré. Il existe cependant des théologiens, les mu’tazilites par exemple, qui affirment que le Coran est un livre créé, un livre inspiré et non dicté. La différence semble mince. En réalité, elle est immense !

Quoiqu’il en soit, le Coran contient 114 sourates (chapitres) comptant 6219 versets. Il faut donner une place à part à la première sourate, la Fâtiha, ou « Liminaire » qui est une prière, et aux deux dernières qui sont des incantations servant de conclusion. Selon la doctrine traditionnelle, le premier exemplaire rédigé aurait vu le jour à la fin du califat d’Abû Bakr, soit vers 634 : l’un des proches de son entourage, le futur calife ‘Umar ibn al-Khattâb s’étant ému de constater que nombre de musulmans connaissant par cœur le Coran avaient disparu lors des batailles de l’Apostasie, il aurait convaincu Abû Bakr de demander à l’ancien secrétaire du Prophète, Zayd ibn Thâbit, de réunir tous les fragments écrits ou conservés « dans les poitrines des hommes ». Cette relation est toutefois contredite par d’autres qui donnent des détails différents ou qui même affirment qu’aucun texte écrit n’exista avant la recension due à l’initiative du troisième  calife, ‘Uthmân ibn ‘Affân.

La plus ancienne traduction du Coran est la paraphrase en latin, écrite par Robert de Ketton sur l’ordre de l’abbé de Cluny, Pierre le Vénérable, et achevée en 1143, œuvre qui servit de base à diverses autres tentatives. Une traduction italienne vit ensuite le jour en 1547. La première traduction française date de 1647. Elle est l’œuvre d’André du Ryer.

 

 

 

Mis à jour ( Dimanche, 24 Janvier 2010 20:18 )