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ERITHACUS RUBECULA (français)

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ERITHACUS RUBECULA

« Parle d’une inouïe simplicité… »

 

Ralph Dutli

Le bleu étincelant de la neige

Au-dessous du tulle vaporeux du ciel

Et toi, mon menu oiseau,

Mon providentiel compagnon

De solitude orpheline,

Toi qui cisèles

Les facettes intimement granuleuses de l’air

De ta voix de diamant bleu

Pour dire

Toute la clarté de la création.

 

Le sang de ta minuscule gorge

Est comme une rose intemporelle

Sur l’impondérable blancheur du jardin.

 

Toi, dont le chant

Inspire un espoir invincible

Aux tiges endormies

Sous la moelleuse rudesse

De l’hiver !

 

Toi, divine délicatesse

Au milieu des tristesses

De la vie !

 

Athanase Vantchev de Thracy

Paris, ce lundi 12 mars 2012

Glose :

Rouge-gorge (n.m. – pluriel rouges-gorges) - Erithacus rubecula : passereau de la famille des Passériformes. On l’appelle ainsi en raison de la couleur rouge du plumage de son poitrail.

Avec sa gorge orangée, le rouge-gorge est un oiseau reconnaissable entre tous. Pas plus grand qu’un moineau (il pèse 16 grammes en moyenne), il est commun dans toute l'Europe, où il vit habituellement à la lisière des forêts et dans les haies des jardins. Pour marquer, défendre et protéger son territoire, il chante sans cesse pendant toute l’année avec un regain de crescendo au printemps pour saluer le retour de la belle saison.

La femelle et le mâle sont en tout point pareils, ce qui les rend difficiles à distinguer. Comme la mésange bleue, la mésange charbonnière et la mésange huppée, le rouge-gorge est un sédentaire. Il hiverne là même où il a établi son domicile. L'oiseau aime s’installer dans les arbres et les buissons (merisier, noisetier, cornouiller) et les arbres fruitiers (pommier, poirier, cognassier...).

Le rouge-gorge se nourrit essentiellement d'insectes, de larves, de vers, de mille-pattes, d’araignées, de cloportes, de papillons, de chenilles, de perce-oreilles et de fourmis, mais aussi de limaces et d’escargots. A ce titre, il est un ami précieux du jardinier, qui trouve en lui un excellent prédateur des nuisibles du jardin. L’été, son régime alimentaire s’agrémente de baies comme des mûres, des framboises, des fruits de sureau... Sa familiarité avec les hommes est légendaire.  Quand l’hiver survient, quand les insectes et les baies se font rares, il apprécie la nourriture que l’homme laisse à sa disposition dans le jardin ou aux abords de la maison.

Ralph Dutli, (né en 1954 à Schaffhouse) : poète, essayiste, biographe, traducteur suisse de langue allemande.  Il fait des études de littérature française et russe à Zurich et à Paris, où il réside de 1982 à 1994. Depuis, il vit à Heidelberg (Allemagne).

Poète, il a publié Notizbuch der Grabsprüche (Le Carnet d'épitaphes, 2002), Novalis im Weinberg (Novalis au vignoble, 2005), Salz zu Salz (Sel ô sel, 2007). Essayiste, il est l'auteur de Europas zarte Hände (Tendres mains d'Europe, 1995) et Nichts als Wunder. Essays über Poesie (Rien que des miracles. Essais sur la poésie, 2007), mais aussi de Liebe Olive. Eine kleine Kulturgeschichte (Chère Olive. Une petite histoire culturelle, 2009) et Das Lied vom Honig. Eine Kulturgeschichte der Biene (Le Chant du miel. Une histoire culturelle de l'abeille, 2012). Traducteur du russe, il a édité et traduit les Oeuvres complètes d'Ossip Mandelsatam en dix volumes aux Editions Ammann à Zurich. Il a publié quatre livres consacrés au poète russe, dont une biographie intitulée Meine Zeit, mein Tier (Mon temps, mon fauve, 2003). Ralph Dutli est également le traducteur en allemand de trois livres de Marina Tsvetaïeva et d'un choix de poèmes de Joseph Brodsky, intitulé Brief in die Oase (Lettre à l'oasis, 2006).

Tulle (n.m.) : tissu transparent et vaporeux formé par un réseau de mailles régulières de fins fils de coton, de lin, de soie, de laine. Il trouve d’abord usage dans la mode féminine puis, avec l’apparition de pièces plus importantes, dans le linge de maison (nappes, serviettes, etc.).

L’origine du tulle est anglaise, mais l'usage donne l'origine du nom à la ville de Tulle, où l’on fabriquait une dentelle genre guipure selon une méthode manuelle appelée point de Tulle (ou poinct de Tulle). Le tulle était déjà connu à l’époque de Louis XIV.

 

Granuleux, granuleuse (adj.) : recouvert de petits grains que l'on sent au toucher.