Statistiques
Blogspot            ancien site - cliquer ici / old website - click here            Poetrypoem

AEQUITAS (français)

PDF
Imprimer
Envoyer

 

AEQUITAS 

A André Gateau

« Qu’y a-t-il donc au-dessus de la justice ? L’équité »

            Victor Hugo 

« Multa pro aequitate contra jus dicere »

("Défendre abondamment l’équité  contre le droit strict")

            Cicéron

 

Âme, dites, ô âme, qui étions-nous avant la création,

Avant le chant primordial des fleuves et l’hymne initial des cœurs purs ?

Anges, saints ou prophètes, vigies habités du démon

Ou poètes ravis par les divinités déployant leurs ailes à pleine envergure ?

 

Et ces dieux que nous avons tant craints et aimés,

Lumineux habitant de l’éther : Zeus et Héra, Athéna Parthénon,

Apollon Phoebus, Artémis et Hermès, Aphrodite et Dionysos,

Ont-ils été la part céleste de nos rêves, un murmure des fleuves libres,

Un léger tressaillement des hautes eaux marines, un souffle superbe

Qui émeut les herbes tendres et fait chanter

A l’unisson la racine, le tronc, les branches et la cime ?

 

Et ceux qui ont élu la Terre pour lieu doux de leurs fervents ébats :

Pan, Silène et les Nymphes, amies gracieuses des forêts

Tissées de parfums et d’air transparent,

Les Bacchantes et les Ménades,

Prêtresses jalouses des délectables mystères du poète Orphée ?

 

Et le dieu vert, le maître des eaux profondes, Poséidon,

Endormi dans les bras liquides des belles Néréides,

Nymphes diaphanes de la mer

Et fille de l’immémorial Nérée ? Les Naïades et les Tritons,

Alertes poissons à visage humain, les Sirènes envoûteuses,

Mi-femmes et mi-oiseaux ?

 

Et tout en bas dans cette divine échelle cosmogonique,

Dans les entrailles maternelles de la Terre, Hadès-Pluton,

Le dieu riche en bienfaits, couché sur le sein

De la frêle Perséphone, tendre et unique progéniture

De la déesse des blés et champs fertils, Déméter,

Les Parques sans cœur, les Harpyes vengeresses,

Les Juges qui pèse nos actes et désigne le cercle

De notre éternité : Eaque, Minos, Rhadamante ?

 

Etait-ce toujours nous, Âme, tous ces mondes,

2.

Tous ces cercles  en allée vers un temps qui

Toujours les devance ?    

 

Ce que nous sommes à présent, l’avons-nous été de toujours

Sans fin ni commencement, vent qui souffle et passe,

Vent avant et après l’éternité. Des phares  qui chantent la nuit

Et appellent les marins de leur lumière prodigieuse au repos.

 

Foisonnante exubérance, morceau de soleil, goutte de lune,

Mauve écrin de la nuit, clarté fulgurante ou tendre esprit,

Ouïe ouverte à la parole des anges, ces aériens cristalliers de l’éther,

Sommes-nous tous cela, ô âme ? Ou encore cette prunelle tendue

Sur l’aiguille de l’horloge arrêtée, abolition divine de la durée

Dans le non-temps et la constante résurrection du temps invincible?

 

Est-il vrai que lorsque tout finis tout commence,

Que l’abrupte solitude nous fait grandir,

Que l’azur pourvoit à nos nuits de larmes,

Que nous sommes plus grand que la peine qui nous dévide ?

 

Faut-il rendre aux heures  nos rides changées en fleurs ruisselantes,

En mots remplis de vaillance, en joie lumineuse

Qui fait aimer, croire et être ? Faut-il apprendre en criant de douleur,

Debout, face à la tempête, visage au vent,

Qu’il n’y point d’ultime conclusion ?

 

Nous, paysans laborieux des champs de mots mûrs, princes, ducs,

Comtes et barons, bateleurs et équilibristes,

Jongleurs ou tireurs à la corde, pleureurs,

Bouffons ou jeunes mousses

Montant au mât de cocagne ? 

 

Sommes-nous l’atrium calme de la mort

Où ce n’est ni l’extase bienheureuse

Ni l’enfer de tourment ? Simple continuation naturelle

D’une opulente plénitude. Mots de vie, de triomphe,

D’exactitude, de gloire et d’existence

Ayant pour bannière et essence

La sublime équité ?

 

Mais pour l’instant et afin que les dieux

Continuent à nous tenir en estime

Nous devons écouter, humble et purs,

Vos vers sublimes, mon frère fluvial,

Mon floréal Ami, André du Primidi !

 

Nous devons coucher sur nos cœurs les douces brassées

De cette julienne poésie, de cet hymne du Calendrier solaire

3.

 

Qui bat dans notre sang comme un heurtoir d’or

Et fait de la transparence sonore son flottant bréviaire :

 

« Il règne dans la chambre

Un silence tel

Que, pour le  rompre,

Le cristal autour de la rose

Rêve de se briser ».

            Athanase Vantchev de Thracy

A Paris, ce dimanche 25 janvier, Anno Domini MMIV

Glose :

André Gateau (1921-1997) : éminent poète français. André Gateau travailla quarante ans comme simple ouvrier dans plusieurs usines. Mais Dieu, avant que cet être extraordinaire ne vinsse sur Terre, avait touché de ses lèvres inspiratrices son coeur y faisant naître l’immortelle source d’une poésie pleine de tendresse et d’amour. Alors que ses mains façonnaient avec agilité et application la matière, son âme de campanule blanche de nos prés, modula des chants d’une grâce inégalée. Sit tibi terra levis (que la terre qui recouvre ton corps te soit légère), mon frère en Poésie, mon Ami en Beauté. Merci, cher François Boddaert, d’avoir couché les pépites d’or de cette voix délicate sur le papier. Merci aux Editions Obsidiane. Grâce à François Boddaert, une rue de la vielle de Sens porte le nom du poète. C’est en effet dans la rue André Gateau, au numéro 11, que se trouvent les Editions Obsidiane.

Aequitas : mot latin, équité : égalité d’âme, calme, équilibre moral, esprit de justice. Sentiment sûr et spontané du juste et de l’injuste. Dans le droit, l’équité s’oppose à la lettre de la loi, ou la jurisprudence. Dans certains pays existe une procédure spéciale : l’appel à l’équité.           

Floréal (n.m.) : le Floréal est le huitième mois du Calendrier républicain élaboré en 1793. Voici le nom de tous les autres mois :

  1. Vendémiaire (mois des vendanges) – 22 ou 23 sept. – 21 oct. Ou 22 oct.
  2. Brumaire (mois des brumes) – 22 oct. – 21 nov. 
  3. Frimaire (mois des frimas) – 21 ou 22 nov. – 20 ou 21 déc.
  4. Nivôse (mois de la neige) – 21 ou 22 déc. – 20 ou 21 janvier
  5. Pluviôse (mois de la pluie) – 20 ou 21 janvier – 18 ou 19 février
  6. Ventôse (mois du vent) – 19, 20 ou 21 février – 21 ou 22 mars
  7. Germinal (mois de la germination) – 21 ou 22 – 18 ou 19 avril
  8. Floréal (mois des fleurs) – 20 ou 21 avril – 19 ou 20 mai
  9. Prairial (mois des vertes prairies) – 20 mai – 18 juin
  10. Messidor (mois de la moisson) – 19 ou 20 juin – 19 ou 20 juillet
  11. Thermidor (mois de la chaleur estivale) – 19 juillet – 18 août
  12. Fructidor (mois des fruits) – 18ou 19 août – 17 ou 18 sept.

 Ce calendrier contenait cinq jours supplémentaires ou sans-culottides (de sans-culotte) :

  1. Fête de la Vertu – 17 sept.
  2. Fête du Génie – 18 sept.
  3. Fête du travail – 19 sept.
  4. Fête de l’Opinion – 20 sept.
  5. Fête des Récompenses – 21 sept.

Les jours de chaque décade :

  1. Primidi – le premier jour (raison pour laquelle j’appelle le poète André Gateau André du Primidi, c’est-à-dire poète depuis les origines)
  2. Duodi
  3. Tridi
  4. Quartidi
  5. Quintidi
  6. Sextidi
  7. Septidi
  8. Octidi
  9. Nonidi
  10. Décadi

Mois du calendrier grec (attique) :

  1. Hekatombaeon – 30 jours – premier mois du calendrier grec (deuxième moitié de juillet – première moitié d’août)
  2. Metageitnion – 29 jours
  3. Boédromion – 30 jours
  4. Pyanepsion – 29 jours
  5. Moemakterion – 30 jours
  6. Poseidon – 29 jours
  7. Gamelio – 30 jours
  8. Anthesterion – 29 jours
  9. Elaphebolion – 30 jours
  10. Munychion – 29 jours
  11. Thargelion – 30 jours
  12. 12. Skirophorion – 29 jours

Le calendrier attique comprenait 12 mois lunaires, commençant le jour où la nouvelle lune se montrait pour la première fois. Les mois qui contenaient 29 jours étaient des mois caves, ceux qui contenaient 30 jours étaient des mois pleins. Tous les deux ans on ajoutait un mois intercalaire de 30 ou 29 jours et, de temps en temps, on supprimait ce mois pour compenser les erreurs. Le mois intercalaire était un second Poseidon inséré vers le milieu de l’année

Le calendrier romain :

Le calendrier romain comptait 10 mois

  1. Martius – l’année romaine commençait au mois de mars.
  2. Aprilis
  3. Maius
  4. Junius
  5. Quinctilis
  6. Sextilis
  7. September
  8. October
  9. November
  10. December

L’année romaine se composait de 304 jours seulement. Le second roi légendaire de Rome Numa Pompilius (vers 715 – vers 672 av. J.-C.), prince d’origine sabine, pieux et pacifique, établit, en 713 av. J.-C., une année de 355 jours divisée en 12 mois d’inégale durée, qui furent les dix déjà nommé ci-dessus, auxquels on ajouta Janus (11ème mois) et Februus (12ème mois).

L’année druidique (gauloise) commençait le 1 novembre.

Charles IX (1550-1574), roi de France de 1560 à 1574, fixa le commencement de l’année au 1er janvier.

N.B. : En 46 av. J.-C., Jules César fixa l’année solaire à 365 jours et 6 heures. Il introduisit notre arrangement actuel de 3 années de 365 jours et une quatrième année de 366 jours. La vraie année solaire contient 365 jours, 5 heures et 49 minutes. L’année de Jules César contenant 365 jours et 6 heures comptait 11 minutes de plus. Aussi, tous les 400 ans, était-on obligé de retrancher 3 jours (400 ans à 11 minutes = 4400 ; si on divise 4400 à 60 minutes, on obtient  73, 33333 heures ; Si on divise 73, 333 à 24 heures, on obtient approximativement 3 jours.

Cette julienne poésie : cette poésie solaire.

Le calendrier musulman. L’année chez les musulmans qui est lunaire, ne commence pas d’une manière fixe. Mois :

  1. Moharrem – mois sacré – 30 jours
  2. Safar – 29 jours
  3. Rabbi al-Aoual (le premier), mois du printemps – 30 jours
  4. Rabbi al-Thnani (le second) – 29 jours
  5. Djoumadi al-Aoual (le premier) – 30 jours
  6. Djoumadi al-Thnani (le second) – 29 jours
  7. Rajab (le respect), un des quatre mois sacrés de l’année islamique – 30 jours
  8. Chabane – 29 jours
  9. Ramadane (qui consume les péchés), le mois du jeune obligatoire, dont le but est la purification de l’homme– 30 jours
  10. Schewal -29 jours
  11. Dou’l Kaadah (le repos) – 30 jours
  12. Dou’l Hadjab (le pèlerinage) – 29 jours

L’année musulmane est de 354 jours. On ajoute un 365ème jour dans les années dites extraordinaires qui sont les années 2, 5, 7, 10, 13, 15, 18, 21, 24, 26 et 29 de la période.

N.B. : n’ayant pas le dictionnaire arabe-français sous la main, la transcription des noms des mois arabe en français doit être revue.

 

 

 

Mis à jour ( Dimanche, 24 Janvier 2010 20:31 )