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GANDIA (français)

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GANDIA

A Marcel-lí Giner Caudeli

« Tout ce qui est à moi m’a ravi, sans me tuer… »

            Ausiàs March

Je t’aime, ô ville splendide, aussi aérienne

Que la clarté dansante des oiseaux marins,

Toi, bateau léger chargé de jours sereins

Qui vogue vers le ciel des aubes azuréennes.

 

J’aime ton  haleine limpide, l’or doux des orangers

Qui éparpillent leur grâce sur tes pupilles émeraude !

La mer qui erre et chante, tes nuits légère et chaudes

Comme les baisers des brises éprises des palmiers.

 

J’aime tes palais antiques, les dômes de tes églises

Qui disent à l’infini rempli de grâce divine

Ta langue suave et pure comme l’âme des églantines,

 

Ton histoire couchée sur le silence des frises.

Puisse François, ton fils, l’Ami intime de Dieu,

Veiller sur le sourire de tes enfants heureux !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

A Paris, ce lundi 23 octobre Anno Domini MMVI

 

Glose :

Gandia (Gandie) : est sans doute la plus belle ville de la Province de Valence (Espagne), sur la côte méditerranéenne. Elle est le chef-lieu de la Comarca (Canton ou district) de la région de la Safor. Gandie est sise, telle une colombe blanche, sur les rives du petit fleuve Serpis, dont le nom ancien était riu d’Alcoi. La source du fleuve se trouve non loin de cette ville. Jadis berceau des illustres Ausiàs March (1397-1459), poète, de Joanot Martorell (1415-1468), le premier écrivain moderne de l’Europe, auteur du fameux roman Tirant le Blanc, de Joan Rois de Corella (1433/1443-1497), poète, et des Borja plus connus sous la graphie italienne Borgia, ducs de Gandia, famille célèbre dans le monde entier. Gandie est de nos jours une florissante station balnéaire grâce à sa magnifique plage, le Grau et à son climat.

Marcel-lí Giner Caudeli : Maire adjoint à la Culture de la ville de Gandie, homme d’une exceptionnelle érudition, qui a eu la grande courtoisie de guider mes pas à travers les rues animées de cette superbe cité lors de la réunion des poètes et écrivains catalans à laquelle je fus l’heureux invité.

Ausias March (1397-1459) : le plus important représentant de la littérature médiévale catalane. Il est le premier poète de langue catalane. Né à Gandie, March appartenait à une famille de fins lettrés : son père, le chevalier Pere (Pierre) March, et son oncle Jacme (Jacques) March, étaient connus de leur vivant pour leur poésie narrative et lyrique en langue provençale. De l’œuvre poétique d’Ausiàs (de Ozias, roi de Judée de 809 à 759 av. J.-C.) March, commencée à partir de sa retraite en 1425,  nous sont parvenus 128 poèmes qui contiennent plus de dix mille vers. L’obsession de la mort est un thème constant chez ce grand contemplatif. En témoignent ses six Chants de Mort conçus comme une série d’odes et d’hymnes. Ces poèmes furent très vraisemblablement écrits après la mort de sa seconde épouse. Si elle n’est pas nommément citée, c’est qu’elle métaphorise plus qu’elle n’incarne les réflexions de l’auteur sur la double nature de l’homme : l’une charnelle, l’autre spirituelle. La femme morte n’est pas seulement ce corps jadis aimé charnellement, mais aussi, et plus encore, cet « objet théologique », cet acte de foi qui consiste à contempler l’esprit : l’amour pur demeure plus fort que la mort. Comme Raymond (Ramon) Lulle (1235-1315), March se fait le chantre d’une conception hautement éthérée de l’amour et de l’aimée. Celle-ci, plus qu’un corps mortel, est la divine créature que les troubadours ont exaltée.

Ausiàs March exerça une influence considérable sur les poètes espagnols du XVIe siècle et plus spécialement sur ses deux plus grands génies : Luis de Gongora (1561-1627) et Francisco de Quevedo (1580-1645). Jusqu’à l’avènement de March, la poésie catalane se contentait de rester plus ou moins fidèle, dans le fond et dans la forme, à la poésie occitane. March adopta définitivement une nouvelle langue, celle de sa patrie. Sa poésie, dépouillée de toutes les fioritures des troubadours vivant au nord des Pyrénées, se nourrit de tout ce qu’il y a de plus profond, de plus essentiel  dans l’être humain.

Saint François de Borgia (1510- 1572) : Fils aîné du troisième duc de Gandie, Francisco de Borja, naquit à Gandie, dans le royaume de Valence,  le 28 octobre 1510. Il était par son père, Jean de Borja, l'arrière-petit-fils du pape Alexandre VI (1431-1503) et, par sa mère, Jeanne d'Aragon, l'arrière-petit-fils du roi Ferdinand II le Catholique (1452-1516). Orphelin de mère en 1520, il fut élevé par son oncle maternel, Jean d'Aragon, archevêque de Saragosse, jusqu'à ce qu'on l'appelât à la cour de la reine de Castille Jeanne la Folle (1479-1555), à Tordesillas, comme page de la princesse Catherine, soeur de Charles-Quint. Quand l'infante Catherine épousa le roi Jean III de Portugal, François retourna à Saragosse pour étudier la philosophie (1525).

En 1528, il entra au service de Charles-Quint qui, en 1529, lui fit épouser une dame d'honneur de l'impératrice Isabelle, Eléonore de Castro, dont il aura huit enfants ; marquis de Llombai en 1530, grand veneur de l'Empereur et grand écuyer de l'Impératrice, Charles-Quint, lui confia la surveillance de la cour pendant la victorieuse campagne contre Tunis (1536), lui demanda de l'instruire en cosmographie, puis se l'adjoignit pendant l'expédition de Provence, et mit sous son influence l'infant Philippe. De nature pieuse, fidèle à ses devoirs, le marquis de Llombai, lut, pendant une convalescence, les homélies de saint Jean Chrysostome (344/345-407), patriarche de Constantinople ; lors de la campagne de Provence, il assista le poète Garcilaso de la Vega (1539-1616) dans son agonie et, au retour, après une maladie dont il crut mourir, il prit la résolution de la confession et de la communion mensuelles. Quand l'Impératrice Isabelle mourut (1 mai 1539), il fut chargé de reconnaître et de conduire à Grenade son cadavre décomposé ce qui l'impressionna si profondément qu'il s'écria : Ah ! Je n'aurai jamais d'attachement pour aucun maître que la mort me puisse ravir et Dieu seul sera l'objet de mes pensées, de mes désirs et de mon amour ! Nommé par Charles-Quint vice-roi de Catalogne (26 juin 1539), François Borgia exerça sa charge avec prudence et énergie pendant quatre ans au bout desquels il devint grand majordome de la princesse Marie de Portugal, femme de l'infant Philippe. Cependant il ne remplit jamais ces fonctions car la reine du Portugal ne voulait pas qu'Eléonore de Castro approchât sa fille qui mourut en donnant naissance à l'infant. Ayant perdu sa femme dont il avait eu 8 enfants, il renonça au monde et entra dans l'ordre des Jésuites ; il en fut nommé le troisième général, malgré sa vive résistance, en 1565. Il fut canonisé par Clément IX. On l'honore le 10 octobre. Le célèbre duc de Lerme, ministre de Philippe III d’Espagne, était son petit-fils.

 

 

 

 

 

 

 

 

Mis à jour ( Dimanche, 24 Janvier 2010 21:06 )