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DIWALI (français)

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DIVÂLÎ

 

A Tikka Sangram Singh Kachwala

 

Allumez les lampes, les petites lampes

A la grêle flemme dansante !

Qu’elles éclairent le monde,

Qu’elles illuminent la face passionnée du ciel !

 

Râma, le divin ancêtre

De  Tikka Sangram Singh Kachwala,

Est de retour parmi nous !

Râma est revenu à Ayodhyâ,

Notre Cité Invincible !

 

Jeunes et vieux, riches et pauvres,

Endossons nos plus beaux vêtements,

Mettons nos tuniques neuves

A la fraîche odeur d’innocence !

 

Comme sont belles ces rangées de bougies

Aux côtés des veilleuses en terre cuite,

Comme la lumière joyeuse coule parmi nous,

Telle un fleuve rempli d’étoiles,

Telle une eau pure qui jaillit

De la chair enchantée de la terre

Pour s’unir à la clarté des dieux.

 

Décorons de rangoli nos maisons, grandes ou modestes,

Nos cours fleuries, nos rues pleines de gaieté,

Les accueillantes places publiques,

Les superbes antiques sanctuaires !

Préparons des mets savoureux,

Fabriquons des friandises suaves !

 

Chantons, c’est le jour sacré de la Grande Divâlî !

 

Dressons les thali,

Les élégants plateaux de cuivre

Finement ciselé par les mains

De nos habiles artisans !

Disposons harmonieusement le roli

Fait de curcuma et de chaux

Pour le tilak, le signe sacré

Destiné au front de nos frères et sœurs !

 

Vite !

 

N’oublions pas dans notre hâte

L’akshat, les petits grains de riz

Luisant de blancheur,

Le riz !

Paisible fruit de notre dur labeur !

 

Réjouissons-nous,

C’est le jour sacré de la Grande Divâlî !

 

Oui, posons la sonore ghanti,

La douce clochette

Qui seule sait appeler nos aimables divinités,

Le beau petit kalash, le pot en grès

Rempli d’eau fraîche du puits.

 

Vite !

 

N’oublions pas les pièces d’or et d’argent

Et les bouquets de fleurs !

Nouons à nos poignets le kalava,

Le bracelet rituel en fils de soie multicolores.

 

Chantons,

C’est le jour sacré de la Grande Divâlî !

 

Adorons, le cœur dressé de joie, Lakshmi,

La bienheureuse épouse du formidable Seigneur Vishnu,

Protecteur de la Terre,

Conservateur du monde !

 

Lakshmi, déesse de la beauté, de la grâce et du charme,

Née de l’Océan, tenant dans ses bras toutes les richesses des mers,

Lakshmi, assise dans le blanc calice d’un nénuphar épanoui,

La chouette, son véhicule céleste, non loin d’elle.

 

Oui, au coup de minuit,

Elle fera un tour du monde sur sa chouette

Pour voir comment nous la vénérons !

 

Ô, Tikka Sangram Singh Kachwala, mon Ami,

Comme j’aime ces immenses mela,

Ces bruyantes assemblées

Du peuple endimanché des fidèles !

 

Oui, ornons de rangoli,

Figures mystiques

Venues de la nuit des temps, nos maisons !

Ne sont-elles pas les témoins éloquents

De notre pieuse hospitalité ?

 

Avec des grains de riz,

Avec des poudres de cent couleurs

Traçons les images sacrées à même le sol,

Qu’elles expriment notre divine affection,

Qu’elles chassent de nos seuils les esprits du mal !

 

Réjouissons-nous,

C’est le jour sacré de la Grande Divâlî !

 

Suspendons partout des pulpeuses feuilles de manguier,

Ornons de guirlandes de soucis chaque coin !

Pleins de piété, nous les avons tressées

De nos doigts agiles !


Tatouons de signes sacrés nos mains au mehndî

Car elle viendra, la grande déesse, l’épouse de Vishnu : 

C’est la pûja, la divine cérémonie de Lakshmi,

Notre adorable déesse, Mère de l’abondance

Et grande Sœur de la prospérité !

 

Ganesh, celui qui enlève les obstacles, et Vighnaharta,

Oui, Ganesh, notre dieu à la tête d’éléphant

Accompagnera Lakshmi, aux côtés

De Kâlî  et de Sarasvati !

 

Kâlî la Noire, la déesse du Temps

De la Mort et de la Délivrance,

Mère destructrice, Mère créatrice,

Visage féroce de la Devî, la déesse suprême !

 

Sarasvati, la shakti, l’épouse de Brahmâ,

La resplendissante de beauté déesse de la connaissance,

De l’éloquence, de la sagesse et des arts,

Jadis déesse des rivières !

 

Exaltons nos dieux, couvrons de pétales

Les rues où ils poseront leurs pas aériens !

 

Nous avons fêté déjà Dhanteras

Et le dieu Dhanvantari,

Le très doux, le très bon  médecin des dieux,

Nos grands dieux

Qui, en quête de l’amrita, l’ambroisie,

L’élixir de la vie éternelle,

Firent le barattage du céleste Océan de lait,

Khir saagar,

Aidés dans leur suprême effort

Par le mont sacré de Mandara

Servant de baratton.

 

Oui, nous avons célébré,

Nous avons invoqué en chantant

Le savant Seigneur Dhanvantari

Qui sortit de l’océan,

Portant dans ses mains la kumbha,

La coupe contenant le précieux breuvage

De la vie perpétuelle.

 

En vain les monstrueux dānava,

Démons hostiles aux dieux,

Cherchèrent à s'en emparer.

 

En vain !

 

L’Ami des hommes, le Protecteur du monde,

Le rayonnant de bonté Vishnu veillait :

Revêtant la forme de la splendide Mohini,

Femme à la beauté captivante,

Fit le partage : il rangea

Les dieux d’un côté, les démons de l’autre,

Et versa tout le nectar aux dieux immortels.

Ainsi, ils purent, pleins d'une nouvelle vigueur,

Vaincre les redoutables dânava sans coup férir.

 

Mais deux démons malins, Rahu et Ketu,

Réussirent à tremper leurs lèvres dans le nectar.

Ce sont eux qui avalent le Soleil et la Lune,

Eux, les créateurs d’éclipse.

 

Quatre gouttes de l’ambroisie de la vie sans fin

Tombèrent en quatre endroits saints :

Prayag, Haridwar, Ujain et Nasik.

C’est là qu’une Purna Kumbh Méla,

Fête du Pot accompli, a lieu

Tous les douze ans !

Oui, nous avons exalté le Seigneur Dhanvantari,
Lui, qui fit également don à nous, les hommes
De la divine médecine ayurvédique ;
Le très courtois Seigneur Dhanvantari
Se réincarna dans la famille royale de Kâshî,
Qui règne à Bénarès. 

Nous commémorons aussi, pleins de bonheur,
La victoire de Krishna,
Avatar divin de Vishnu,
Sur le démon Narakasur,
Asura, fils de la déesse de la Terre, Bhidevi
Et de Vahara, le sanglier.
N’avait-il pas vaincu le dieu Indra lui-même,
N’avait-il pas volé les magnifique bijoux
Qui ornaient les fines oreilles de la déesse mère Aditi,
Parente de la femme de Krishna, Satyabhama.


Narakasur, qui enleva
Seize mille jeunes filles divines
Pour les enfermer
Dans son sombre harem.

 

Ô pûjari, prêtre aimé,

Dépêche-toi, hâte-toi

Appelle avec ta clochette la déesse !

Femmes, baignons les statues
De Lakshmi et Ganesh
Avec de l'eau vierge !
Oignons-les de l’onguent panchamitra,
Plaçons  devant chaque divinité
Une lampe diya pour éclairer
Leurs faces célestes !

Prosternons-nous également devant Tulsi,
Le basilic, l’herbe de Vishnu aux mille vertus,
Elle, qui augure du futur
Et accroît nos forces vitales.

Faisons leurs offrande de fleurs fraîches,
De couleurs rouge abir et vermillon sindûr,
Du curcuma  et des friandises,
Des fruits et de l’argent
Que nous donnerons après la fête aux pauvres.

 
Chantons des ârtî, nos incantations  millénaires !
Voici l’heure de manger les prasad,
Nos suaves gâteaux : gulab jamun,
Peda,
 jalebi, barfi.

Voici venu le cinquième jour,
Celui qui s’appelle Bhai Dûj, ou encore Bhrati Dûj.
C’est la journée des frères, dédiée aux sœurs.

Ce jour-là, aux temps védiques,
Yama Raj, Seigneur de la Mort,
Se rendit chez sa sœur et lui accorda le vardhan,
Le don de libérer de ses péchés
Quiconque viendrait la voir ce jour-là,
Les aidant à atteindre la moksha,
La libération finale.

Oui ! Nous avons évoqué, le cœur

Plein de vénération,

Le grand Seigneur de la Mort,

Yama Raj, le frère aimant,

Celui qui tient le registre des âmes

Et calcule, appliquée nuit et jour à la tâche,

Les jours qui nous restent encore à vivre !

 

Ô Divâlî, fête chère à nos cœurs !

Divâli de nos âmes,

Divâlî de nos vies,

Divâlî de la grâce céleste !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 17 et le 18 octobre 2009

 

Glose :

 

Divâlî : fête de la lumière dans le monde indien, parfois appelée Dîpâvalî. Divâlî est la forme contractée de Dîpâvalî, mot sanskrit qui signifie littéralement rangée de lampes (dīpa avali).

Indissociable de la grande fête de Dussehra, qui a lieu vingt jours avant, elle commémore le retour de Râma à Ayodha. Ses habitants avaient alors éclairé les rues, où passait le roi, avec des lampes dīp.

Râma, roi d’Ayodhyâ (l'une des sept villes sacrées des Hindous), dont la quête de son épouse Sîtâ occupe une grande partie de l'épopée du Ramayana, est en réalité l'un des avatars de Vishnu. Après une longue recherche, menée avec l'aide de son demi-frère Lakshmana et du dieu-singe Hanuman, Râma affronta le démon Râvana en un combat de dix jours et le tua. Cette victoire est célébrée aujourd'hui en Inde par la fête de Dussehra.

Vingt jours après la mort de Râvana, Râma put ramener son épouse Sîtâ dans sa ville d'Ayodhyâ, « l'invincible ».

Divâlî est une fête très populaire en Inde : les Hindous s’offrent des cadeaux et tirent des feux d'artifice. Les festivités durent cinq jours, dont le troisième, le plus important (Bari Divâlî, « la grande Divâlî »), est consacré à la déesse Lakshmi, les quatre autres étant associés à différentes légendes et traditions.

Ce troisième jour est aussi le dernier de l'année du calendrier hindou Vikram, utilisé dans le nord de l'Inde. Le lendemain, début de la nouvelle année hindoue, est connu sous le nom d’Annakut.  

Outre les Hindous, les Sikhs et les Jaïns fêtent également Divâlî, en lui rattachant d'autres valeurs symboliques et des références historiques bien différentes.

Divâlî est aussi célébrée au Népal (où la majorité de la population est hindouiste) et dans de nombreux pays où vivent d'importantes communautés indiennes, tels que le  Royaume-Uni, Singapour, l’Afrique du Sud, etc.

Divâlî fait appel à de nombreux mythes et légendes de l’hindouisme, se rapportant principalement à Vishnu et à son épouse Lakshmi.

Comme Brahmâ, dieu de la création, et Shiva, dieu de la destruction, Vishnu, dieu de la préservation, fait partie de la Trimûrti, la trinité de l'hindouisme qui a peu à peu remplacé dans la ferveur populaire la trinité védique que constituent Agni (le feu), Vâyu (le vent) et Sûrya (le soleil). Chacune de ces trois divinités est accompagnée de sa parèdre (sa shakti), la déesse qui lui est associée. Ainsi, l'épouse de Brahmâ est Sarasvatî, déesse du savoir, celle de Shiva est Pârvatî (celle qui peut revêtir les formes terribles que sont Durga et Kâlî), et enfin, celle de Vishnu est Lakshmi, qui personnifie la richesse, naturellement associée à la préservation.

Vishnu est d'autre part très populaire au travers de ses dix avatars, ses incarnations sous différentes formes, dont les plus connues sont Ramâ, le roi mythique, héros du Râmâyana,  la grande épopée hindoue, Krishna, le séduisant et divin berger, voire quelques autres comme Narasimha, l'homme-lion.

Outre Lakshmi et les deux avatars de Vishnu que sont Krishna et Râma, Divâlî met également Ganesh à l'honneur. Ganesh, le dieu à tête d'éléphant, fils de Shiva et de Pârvatî, est une divinité majeure, bénéfique, car il est « celui qui écarte les obstacles ».

Avant tout, Divâlî célèbre le retour dans sa capitale, Ayodhiâ, de Râma avec son épouse Sîtâ, qu'il a reconquise de haute lutte sur le démon Râvana, comme le conte le Râmâyana.

Divâlî prolonge la fête de Dussehra, qui célèbre la victoire de Râma sur Râvana. Au cours des festivités de Dussehra, les gigantesques effigies de Râvana, de son frère Kumbhakarna et de son fils Meghanatha, défilent dans les rues, pour être remplies de pétards ; le soir venu, « Râma » tire alors des flèches enflammées sur les effigies, qui prennent feu et s'effondrent peu à peu dans le fracas des détonations.

Divâlî est inséparable des lampes diya (ou dîp), en terre cuite la plupart du temps, mais parfois métalliques. Elles sont remplies d'huile ou de ghî, beurre clarifié, qui brûlent grâce à une mèche, généralement faite de coton. Les bougies sont, elles aussi, fréquemment utilisées.

Les rangoli sont les décorations qui, lors de la fête, ornent les maisons, les cours, les sanctuaires et même les salles à manger.

Un certain nombre d'objets sont nécessaires à la célébration de la pûjâ :  

Il est bon que tous ces objets soient préparés d'avance, de façon harmonieuse et plaisante à l'œil, sur un plateau (thali) : on y dispose le roli, mélange de curcuma et de chaux pour le tilak, la marque colorée que l'on appose sur le front de son frère ou de sa sœur ; on y trouve aussi l’akshat (grains de riz), une ghanti (la clochette servant à appeler la divinité), un petit kalash (pot) empli d'eau, un kalava que l'on attache autour de son poignet, quelques pièces d'or et d'argent ainsi que des fleurs. Une lampe diya, brûlant au ghī, est ensuite posée sur le plateau de riz, qui est à son tour placé sur le kalash afin de représenter Lakshmi.

Les friandises les plus connues sont :

  • les barfi : faits à base de lait et de sucre, ils sont garnis de pistaches et de cardamones.  
  • les gulab jamun, bien connus de tous les Indiens : lait, beurre, préparation pour pâte à crêpe, sucre, le tout frit dans l'huile.
  • les jalebi, également une friandise indienne des plus connues : farine, yaourt, sucre, cardamone, eau de rose, ghî (beurre clarifié). Les jalebi sont frits dans l'huile ou dans le ghî.
  • Les peda : préparations spéciales à Divâlî. Ceux d’Agra, renommés pour être délicieux, sont à base d’une sorte de lait concentré, de sucre en poudre, de cardamone et de pistaches.
Mis à jour ( Vendredi, 22 Janvier 2010 20:41 )