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LE VIN ROMAIN (français)

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LE VIN ROMAIN 

« L'automne fortuné d'Opimius a produit ce vin de Fondi :
le consul l'a exprimé de la grappe et en a bu lui-même. »

Martial
Epigramme CXIII

 

Ô Hortensius, toi mon Ami patricien,

Qui gardes dans tes caves sublimes

Plus de 50 000 amphores de vins de feu

Aux subtiles, aux vaporeuses touches iodées,

Pure couleur de rubis d’Orient,
La plus chère des 12 pierres précieuses

Que les dieux à la vie éternelle

Ont créées !  

 

Toi, qui aimes plus que tout en Italie

Le falerne illuminé de ta sereine Campanie

Qui pousse sur les pentes frivoles du capricieux Vésuve,

Mûr de 15 ans

Et le sorrente qui a dormi plus de 25 ans

Dans les entrailles silencieuses de tes terres opulentes.

 

Sois bon, sois généreux, Hortensius,

Fais parvenir au vieux poète

Que je suis à présent

Deux vases splendides

De ton trésor !

 

Pas de tes grandes amphores phéniciennes,

Non, ce serait m’honorer plus que mon mérite,

Mais deux petites, de celles que fabriquent

Les Etrusques aux mains d’artistes habiles

En forme de toupie,

Enduites de poix,

Scellées par un léger mortier de chaux.

 

On dit que Scaurus, ton rival acharné,

Possède la plus riche cave d’Italie

Où mûrissent, heureuses et calmes,

300 000 amphores.

Il paraît qu’il ait envoyé

A Lucius le grammairien,

Une volumineuse amphore de sorrente

A l’inoubliable bouquet champêtre,

A la mousse vive et évanescente.

 

Mais rien, mon Hortensius, rien ne peut surpasser

Ton infini raffinement et ton goût capitolin,

Et tes millésimes, liqueurs sacrées,

Sont plus fameux que le divin liquide

Qu’exprima le consul Opimius !

 

Envoie-les moi, je te prie,

Ces flammes fluviales

Pour donner vie à ma vie,

Sang à mon sang,

Nécessité vitale

Qui renforce la tranquillité de mes certitudes,

Et la ferveur de mon espérance !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 10 janvier 2011-01-10

Glose :

Falerne : l'illustre vin de Falerne en Campanie. Les vignes qui donnaient naissance à ce nectar tant aimé dans l’Antiquité poussaient sur les pentes du Vésuve.

Sorrente : vin fameux de Sorrente. Voici ce qu’écrit à propos de ce nectar, dans son épigramme CX, « Le vin de Sorrente », l’un des plus grands poètes romains, Martial :

« Si tu bois du vin de Sorrente, ne cherche ni vases murrhins
ni coupes d'or : bois-le dans l'argile même qui l'apporte. »

Murrhin (adj.) : du latin murrhinus, de murrha ou myrrha, substance dont on faisait ces vases.

Millésime antique : le plus réputé fut celui qui coïncida avec le consulat d'Opimius, en 121 av. J.-C. Il s’agit d’un vin de Fondi en Italie.