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CONSULTATIO CATHOLICA (français)

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CONSULTATIO CATHOLICA

 

Je lis ton œuvre sidéral, Comenius,

Et le soir est beau comme le visage d’un ange,

Et tout est tendre et doux et lumineux

Dans ma modeste maison.

 

Emu, mon esprit se perd

Dans les divines forêts

De ton irrésistible et vaste savoir,

Dans les terribles souffrances de ta vie

De deuil perpétuel.

 

Toi, l’errant, le poète ardent des étoiles,

Le juste,

Agrippé de toute ton âme

A l’apostolique Vigne spirituelle !

 

Toi, icône de la blanche, de la libre

Divagation  des érudits fous de Dieu,

Regeste de la Doctrine divine des Ecritures !

 

Et mon âme bouleversée

Par le parfum de ton âme, adhère

A ton désir des res humana,

Affaires des hommes,

Missionnaires de l’Amour

Sur notre Terre baignée de sang.

 

J’aime ton rêve aristocratique

Qui abolit d’un seul coup

L’antique distinction

Entre substances et accidents.

 

J’aime tes paroles

Qui me renvoie, en me faisant pleurer,

A mon infinie pesanteur.

 

La vie, c’est chaque jour, mon Frère,

C’est chaque jour mon devoir

Envers Dieu,

Comenius !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 22 décembre 2010

Comenius (né Jan Amos Komenský le 28 mars 1592 à Uherský Brod, Moravie - mort le 15 novembre 1670 à Amsterdam) : philosophe, grammairien et pédagogue tchèque. Membre du mouvement protestant des Frères Moraves, il s'occupa toute sa vie de perfectionner les méthodes d'instruction. Son père était un maître-meunier extrêmement religieux, suivant les doctrines de Jean Hus. Devenu orphelin à douze ans, il intégra à seize ans l'école latine de Přerov où ses professeurs remarquèrent vite ses aptitudes prometteuses et le protégèrent. Il s'inscrivit en 1611 à l'Université calviniste de Herborn en Allemagne où, sous l'influence des théologiens Piscator et Johann Heinrich Alsted, il s'initia au millénarisme (attente d'un royaume millénaire parfait sur terre). Sa formation philosophique a été en effet bien plus marquée par l'étude de la Bible que par l'étude de penseurs athées. En 1613, il s'inscrivit à la Faculté de théologie de l'Université d'Heidelberg.

En 1614, il retourna en Moravie où l'Unité des frères de Bohème (hussites) lui confia la direction de l'école de Přerov. En 1616, il devint pasteur et, en 1618, on lui confia la très importante paroisse de Fulneck. Cette même année, Comenius épousa Madeleine Vizovká, de qui il eut deux enfants. En 1621, au début de la Guerre de Trente Ans, les troupes espagnoles prirent la ville de Fulneck et mirent à prix la vie de son pasteur, Comenius. Celui-ci s'enfuit dans les forêts avoisinantes, abandonnant son épouse alors enceinte et son fils. Il écrivit pour sa femme un traité de consolation intitulé Réflexions sur la perfection chrétienne. Madeleine et ses deux enfants moururent de la peste sans que Comenius ait pu les revoir.

Il a perdu en quelques mois son pays, sa paroisse, ses travaux et sa famille. Dès lors, il fut condamné à l’éternel exil – c’est pour cela qu’on a vu en lui un précurseur de l’unité européenne. Toute sa vie, Comenius espéra une défaite des forces catholiques et un retour de la foi biblique et de sa patrie. Cela le poussa à croire les prophéties du tanneur Christophe Kotter ou de la jeune Christine Poniatowska, une hallucinée de 16 ans qu'il considérait comme sa propre fille, et à s'intéresser aux idées utopiques et ésotériques des manifestes des Rose-Croix. Il était d'ailleurs en correspondance avec leur auteur présumé Johann Valentin Andreae, dont il reprit les idées de Sociétés chrétiennes.

En 1624, il se remaria avec la fille du pasteur Cyrille, Dorothée. En 1628, il s'établit à Leszno en Pologne. À partir de 1630, il commença à s'intéresser à la pédagogie et devint un personnage extrêmement en vue, écouté par les catholiques comme par les protestants. De 1651 à 1654, invité par le prince hongrois Sigismund Rakoczi, il résida à Sárospatak, où il tenta de mettre en place ses idées pédagogiques. Le Cardinal de Richelieu l'invita - sans succès - en France. Il s'établit un temps en Angleterre, puis en Suède dont il réforma les écoles. On lui fit même la proposition d'aller diriger au Nouveau-monde l'école de Harvard, dans la colonie puritaine du Massachusetts.

Comenius perdit sa deuxième épouse et se maria une troisième fois. À Leszno, en Pologne, à la suite d'une attaque des catholiques polonais, il perdit sa bibliothèque et tous ses travaux des vingt années précédentes. En 1656, la Hollande, si généreuse envers les réfugiés de l'époque l'accueillit et la ville d'Amsterdam, où il mourut quatre ans plus tard, lui versa une pension de 800 florins. Comenius est enterré à Naarden.

Comenius est avant tout un théologien. Les philosophes des Lumières le considèrent comme un métaphysicien d’arrière-garde (un « faux prophète », un « moraliste à l'esprit étroit » écrivit Diderot). Pourtant, par sa pensée utopique et atypique, Comenius a préparé le monde protestant à accepter le rationalisme plutôt antichrétien des Lumières. Son œuvre le fait actuellement considérer comme le père de l'éducation moderne. Jules Michelet l'appela Le Galilée de l'éducation. En 1642, Comenius rencontra René Descartes et les deux hommes, malgré des divergences apparemment irréconciliables, eurent bien le même but d'une science rationnelle universelle.

Regeste (n.m.) : terme moyennageux.  Répertoire chronologique dans lequel sont enregistrés les actes émanés des pouvoirs publics ou intervenus entre les particuliers, durant une période déterminée.

L’antique distinction

Entre substances et accidents – celles dont parle Aristote.