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ORCHIDEES (français)

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ORCHIDDÉES

 

Gracieuses, raffinées,

Lumineuses, aériennes

Les orchidées du grand parc !

 

Elles rendent plus léger, plus fluide

L’air du matin

Et plus fascinant

Que les visions surnaturelles

De Paolo Uccello.

Elles semblent aimer

Le chant de mon âme

Et les poèmes que je leur récite !

 

Ainsi jadis le grand Cicéron

Récitait ses discours pénétrants

Aux fleurs

De son jardin d’Antium,

Lui qui exaltait

Le vertige vital

De l’amère solitude !

 

Athanase Vantchev de Thracy

Marrakech, le 10 septembre 2010

Glose :

Orchidée (n.f.) : du grec orchis, qui signifie « testicule », en référence à la forme des tubercules souterrains de certaines orchidées terrestres des régions tempérées. Plante herbacée de la famille des Orchidacées ou Orchidée appartenant à une des plus grandes familles de plantes monocotylédones. Les plantes monocotylédones doivent leur nom au fait que leurs plantules ne possèdent qu'un seul cotylédon (le cotylédon est un organe de l'embryon de la plante, contenu dans la graine et qui constituera la première feuille de la plantule).

C'est la famille végétale la plus diversifiée, comptant plus de vingt-cinq mille espèces réparties en huit cent cinquante genres. Les orchidées vivent souvent sur les arbres (épiphytes) ou sur les rochers (épilithes).

L'étude de la morphologie particulière des fleurs d'orchidées, des relations que ces plantes entretiennent avec les insectes, a d'ailleurs nourri au XIXe siècle les réflexions de Charles Darwin et lui a permis, en partie, d'établir son modèle théorique de l’évolution.

Peu d'orchidées sont utilisées dans l'alimentation. On relève toutefois le genre Vanilla, dont la gousse est la vanille. La vanille est cultivée dans les régions tropicales, et son besoin en ombre rend possible son exploitation en agroforesterie.

L’orchidée Faham (Jumellea fragrans) entre dans la confection du rhum, lui procurant son goût caramélisé.

Les orchidées des régions tempérées et méditerranéennes aux tubercules très suggestifs ont inspiré aux adeptes de la théorie des signatures un éventuel caractère aphrodisiaque: on sait aujourd'hui qu'il n'en est rien. Mais dans les régions du Maghreb, les racines de ces orchidées sont encore déterrées pour préparer le très populaire salep. En Turquie notamment, 36 espèces parmi 10 genres sont en conséquence menacées d'extinction, et on estime à 42 le nombre d'espèces ayant déjà disparu au cours de la dernière décennie. Théorie des signatures : méthode empirique d'observation du monde des plantes médicinales et sa libre association par analogie avec une partie du corps humain que l'on souhaite soigner. Elle repose sur le principe similia similibus curantur « les semblables soignent les semblables ».

Salep (n.m.) : substance alimentaire ou drogue (si on considère le salep du point de vue pharmacologique) constituée par les tubercules de diverses espèces d'orchidées (récoltées au moment de la floraison, quand elles sont bien gonflées et pleines d'éléments nutritifs) qu'on fait bouillir pendant quelque temps et qu'on met sécher après les avoir enfilées sur un fil comme les perles d'un rosaire.

On réduit les tubercules en poudre et on recueille une sorte de fécule composée d'environ pour moitié d'une substance mucilagineuse, pour un tiers d'amidon et pour le reste de protéines, de sucre et de traces de coumarine (substance naturelle organique aromatique) qui lui donnent une légère odeur. L'usage du salep à des fins alimentaires est très ancien.

Les Turcs et les Perses en consommaient (et en consomment toujours) beaucoup. Ce n'est qu'au XVe siècle que l'Europe découvre cette poudre, mais comme les habitudes alimentaires sont très différentes dans nos pays européens, c'est surtout dans le domaine médical que l'usage du salep s'est répandu.

Le fort pourcentage de mucilage contenu dans le salep en fait une très bonne base pour la préparation de décoctions émollientes efficaces pour soigner les inflammations de la muqueuse gastro-intestinale, que ce soit par voie orale ou par voie rectale. Jadis, beaucoup plus rarement aujourd'hui, l'emploi du salep était conseillé dans les cas les plus graves de diarrhée des enfants à cause non seulement de ses propriétés sédatives, mais surtout pour sa valeur nutritive, bien qu'en réalité on accordât souvent à cette dernière une importance excessive.

L'emploi commercial à grande échelle était, et est encore, une prérogative de certaines populations de l'Asie Mineure et des pays voisins. C'est donc exclusivement pour ses propriétés médicinales que le salep était importé en Europe jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que, dans nos pays aussi, certaines orchidées de notre flore produisaient des tubercules dont il était possible de recueillir le salep.

Ainsi Orchis morio, Orchis militaris, Orchis purpurea, des plantes appartenant au genre Ophrys ou Aceras anthropophora qui poussent dans nos pays, donnent un bon salep.

Paolo di Dono di Paolo, dit Paolo Uccello (Florence, 1397 - Florence, 1475) : peintre italien de la première Renaissance. Il était le fils de Dono di Paolo, chirurgien et barbier, et d'Antonia di Giovanni del Beccuto.

Antium était, dans l'Antiquité, une ville et un port du Latium (aujourd'hui Anzio). Elle était la capitale des Volsques jusqu'à sa conquête par les Romains en 468 av. J.-C.

Le patricien Coriolan fut exilé à Antium (où Shakespeare situe plusieurs scènes de sa tragédie Coriolan), et c'est de là qu'il prit la tête des forces volsciennes. Après la dernière révolte malheureuse, la ville fut rasée et devint une colonie romaine en 338 av. J.-C. (Tite-Live, livre VIII, chap.14) ; les rostres des navires d'Antium décorèrent la tribune du forum romain qui devint célèbre grâce à cette tribuna rostrata. Pendant la guerre civile, Antium prit le parti de Lucius Cornelius Sulla, et fut pillée par les troupes de Marius, en 87 av. J.-C.

Plus tard, à la fin de la république romaine, Antium devint un lieu de villégiature balnéaire couru pour les patriciens romains, à seulement une journée de voyage, juste assez loin pour se tenir à distance des émeutes et de l'agitation de Rome. Quand Cicéron revint de son exil, c'est à Antium qu'il rassembla les restes de ses bibliothèques ravagées, là où ses rouleaux restèrent en sécurité. Les puissants Romains se faisaient construire de magnifiques villas en bord de mer. Mécène possédait une villa à Antium ; les empereurs Caligula et Néron sont nés à Antium.

Parmi ces villas, la plus célèbre était la Villa de Néron. Elle s'étendait le long de la côte du cap d'Antium, sur 800 mètres de front de mer. Néron rasa l'ancienne villa, où Auguste avait reçu une délégation de Rome venue l'acclamer Pater patriae (Père de la patrie) pour reconstruire sur ses fondations une villa d'une dimension plus impériale. La villa de Néron a été utilisée par tous ses successeurs, jusqu'aux Sévères.

On voyait à Antium deux temples célèbres, l'un d'Esculape, l'autre de la Fortune. Un peu à l'est se dressait temple de Neptune.