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ALOES (français)

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ALOÈS


Les fleurs érigées en épis

De l’aloès,

Rouges, orange et jaunes,

Se rappellent les princesses égyptiennes,

Leur visage plus beau et plus rayonnant

Que les aubes magnifiantes du Nil.

 

Prêtres des dieux immortels,

Enduisez mon corps de suc d’aloès,

Plante de l’immortalité,

Médecin du ciel,

Serrez-le dans des bandelettes bleu froid

Et rose vigoureux,

Faites que mon souvenir vive

Eternellement !

 

Et vous, saints serviteurs du Christ,

Posez, je vous prie,

Un lys du désert

Sur l’autel matutinal

De mon cœur !

 

Et, à la Neuvième Heure,

Chantez

Des mots célestes

Pour la paix du repos vespéral

De mon âme !

 

Faites briller dans mes poèmes

La douceur angélique de Fra Angelico

Et la divine mystique

Dominicaine !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Marrakech, le 7 septembre 2010

 

Glose :

Aloès – Aloe vera – (n.m.) : plante succulente de la famille des Aloaceae et Liliaceae originaire principalement d’Afrique et de Madagascar, mais on en trouve aussi quelques espèces en Arabie et en Inde.

L'aspect varie d'une espèce à l'autre ; en général, elles se caractérisent par une rosette de feuilles épaisses, souples et très charnues, plus ou moins allongées et, pour certaines espèces, dentelées sur les bords. Le port, donc varie :

  • Arborescente : c'est le cas d’Aloe dichotoma. Cet aloès atteint plusieurs mètres. On trouve également Aloe vaombe, espèce portée par un tronc ligneux non ramifiée.
  • Rampante : c'est le cas des aloès qui portent de longues tiges souples rampantes, même si certains ont parfois l'aspect d'un buisson : Aloe ciliaris, par exemple.
  • Acaule (sans tige apparente) : beaucoup d'aloès sont acaules au début de leur croissance puis ils développent un pied au fur et à mesure de leur croissance, mais certains le restent. C'est le cas d’Aloe maculata.

Les fleurs sont petites (5 cm en moyenne), regroupées de manière dense sur de longues hampes florales, mesurant parfois plus d'un mètre. Elles sont de couleurs variables (rouges, orange ou jaunes) et certaines espèces présentent les trois au cours de leur floraison. Contrairement aux agaves avec lesquelles les néophytes les confondent souvent, les aloès ne meurent pas après avoir fleuri.

Utilisation, symbolisme et ésotérisme

On utilise le suc épaissi, obtenu des feuilles incisées, pour son effet laxatif et cholagogue (se dit des substances qui facilitent l'évacuation de la bile). Le gel extrait des feuilles d’Aloe vera peut également soulager les douleurs cutanées et accélérer la guérison lorsqu'il est appliqué sur les plaies ou les brûlures.

L'aloès, dans les enluminures du Moyen Âge, est le symbole du chagrin. Le mot aloès vient de l'arabe et fait allusion à l'amertume de leur sève.

Il est censé écarter les mauvais esprits lorsqu'on le suspend au-devant des portes.

Histoire

Les vertus curatives de l'aloès étaient déjà bien connues dans l'Antiquité. Faits, témoignages authentiques et récits légendaires parsèment son histoire.

C'est chez les Sumériens, à l'époque des rois d'Akkad que l'on retrouve sur des tablettes d'argile la première allusion à l'usage thérapeutique de l'aloès (musabbar). Le « Livre égyptien des remèdes » du fameux papyrus Ebers (XVe siècle av. J.-C.) fait également mention de l'aloès dans des formules de guérison remontant peut-être au IIIe millénaire avant notre ère.

Chez les Hindous, l'aloès figure en bonne place parmi les plantes secrètes de l'Atharvaveda qui le surnomme « le guérisseur silencieux ».

Dans la Bible, on en trouve la trace dans plusieurs Livres sacrés : (Nombres, Cantiques des Cantiques, Évangiles). Dans le Nouveau Testament, l'Évangile de saint Jean nous apprend qu'après la crucifixion, Nicodème et un ami apportant un mélange d'environ cent livres de myrrhe et d'aloès, prirent le corps de Jésus, et l'enveloppèrent de bandes, avec les aromates, comme il était la coutume d'ensevelir chez les Juifs.

Chez les anciens Egyptiens l'aloès avait la réputation de garder la beauté et l'éclat aux femmes. Les pharaons le considéraient comme un élixir de longue vie. La tradition voulait que l'on apportât un plant d'aloès, symbole du renouvellement de la vie, comme cadeau, lors des cérémonies funéraires. Planté autour des pyramides et le long des routes menant à la Vallée des Rois, l'aloès accompagnait le pharaon dans son passage vers l'au-delà, afin de le soigner et de le nourrir tout au long de son voyage. Quand il fleurissait, c'était signe que le défunt avait heureusement atteint « l'autre rive ».

D’ailleurs, les prêtres associaient la plante à leurs rites funéraires. Il figurait en bonne place dans la composition de la formule de l'embaumement, sous le nom de « plante de l'immortalité ».

En outre, l'aloès possédait aussi aux yeux des anciens des vertus cosmétiques. On dit que les yeux de Cléopâtre devaient beaucoup de leur éclat à un collyre à base d'aloès confectionné par une de ses esclaves numides. On attribuait aux bains de lait et de pulpe d'aloès qu'elle prenait quotidiennement la beauté et la fermeté de sa peau, ainsi que l'éclat de son teint.

Grèce et Rome

Pour les Grecs, l'aloès symbolisait la beauté, la patience, la fortune et la santé.

Dans l'un de ses traités, Hippocrate décrit quelques propriétés curatives de l'aloès :

- repousse des cheveux

- guérison des tumeurs

- soulagement des dysenteries et des maux d'estomac.

On dit que vers 330 avant J.-C., Alexandre le Grand, blessé au siège de Gaza (Palestine) par une flèche ennemie, vit sa plaie s'infecter durant sa chevauchée conquérante à travers l'Égypte et le désert de Libye.

Proclamé fils de Zeus, à l'oasis d'Amon, Alexandre fut oint par un prêtre que lui adressa le célèbre Aristote, son précepteur et mentor, d’une huile. Cette huile sacrée, à base d'aloès en provenance de l'île de Socotra, le guérit de sa plaie.

Pour beaucoup d'Orientaux, l'huile d'aloès a la réputation de procurer la sagesse et l'immortalité.

Au premier siècle de notre ère, Celsius, l'un des précurseurs de la médecine, vanta lui aussi les mérites de l'aloès. Quant à Dioscoride, médecin grec qui avait longtemps servi dans les armées romaines, il décrivait avec enthousiasme dans son ouvrage De materia medica les propriétés de l'aloès, dont il relevait entre autres la vertu de faire coaguler le sang des blessures, de cicatriser les écorchures et les plaies ouvertes, de guérir les furoncles et les hémorroïdes. Il prétendait aussi que la pulpe fraîche d'aloès arrêtait la chute des cheveux et enrayait les ophtalmies.

Pline l'Ancien (23-79 ap. J.-C.) relate dans son Histoire Naturelle la manière originale de guérir la dysenterie en injectant de l'aloès à l'aide d'une poire à lavement.

Des vertus médicinales légendaires

Les Bédouins de la péninsule Arabique et les Touaregs du Sahara connaissent les vertus de l'aloès qu'ils appellent « Lys du désert », depuis la plus haute Antiquité. Pour protéger leurs demeures, les habitants de Mésopotamie ornaient leurs portes de feuilles d'aloès. En cas d’épidémie ou de disette, les Parthes et les Scythes avaient coutume de se nourrir de la pulpe d'aloès. L’île de Socotra dans l'océan Indien fut renommée, dès le Ve siècle avant J.-C., pour ses plantations d'aloès médicinal.

Médecine ayurvédique

La médecine ayurvédique de l'Inde tint de tout temps l'aloès en haute estime, en tant que partie intégrante de la pharmacopée hindoue. Considéré comme plante sacrée, il participait aux rituels de sacrifices, et certaines de ses espèces étaient rigoureusement protégées. Sur le bûcher funéraire on place aujourd'hui encore des feuilles d'aloès, symbole de renaissance et d'éternité.

Propriétés magiques

Dans l'Amérique post colombienne, les jeunes filles mayas, pour attirer les garçons,  enduisaient leur visage du jus de l'aloès comme le faisait jadis Cléopâtre.

Avant de partir à la chasse ou à la guerre, les Jivaros s’enduisaient le corps de sa pulpe, et l'avaient surnommé "le médecin du ciel" car ils croyaient que la plante sacrée les rendait invincibles.