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LES COQUELICOTS (français)

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LES COQUELICOTS

 

Je pense aux maîtres de la poésie éolienne,

Sappho et Alcée,

Enfants de l’île de Lesbos,

Eux qui ont chanté avec une si belle passion

Les ébats d’Eros !

 

A côté de moi, ma cousine Athanasie

Etudie les noms des vents :

 

« Leur père  Eole et ses fils –

L’Aquilon qui souffle de nord-est,

Notus ou Auster qui vit au sud,

Favonius, le frère d’ouest,

Eurus, qui a son palais à l’est !... »

 

Athanasie, dis-je, ma cousine adorable,

Tu as oublié le vent de Thrace

Qui rafraîchit notre délicieuse contrée

Accourant du nord-est !

 

Et elle rit, Athanasie, elle rit et dit :

 

« Oui, mais il n’a pas de nom,

Mon aimable cousin ! »

 

Et ses paroles tombent sur mon âme

Comme des gouttes d’essence de jacinthes. 

 

Et je tourne mon visage vers

Les champs de coquelicots !

Les pétales garance de leurs fleurs

Me rappellent les lèvres aimées de Marie,

Mon premier amour !

 

Ah, puis-je dormir cette nuit

En rêvant à Marie

A son doux visage bouton d’or !

 

  Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 3 septembre 2010 

Glose :

Coquelicot - Papaver rhoeas – (n.m.) : plante annuelle de la famille des Papavéracées d'apparence fragile, à l'image de sa tige très fine et velue, peu ramifiée, qui se révèle immanquablement dans les terrains fraîchement remués : sa graine toxique peut se mêler aux grains de blé. Elle concurrence directement les céréales, s’épanouit aux bords des chemins ou dans les terrains vagues.

Lorsqu'on la coupe, elle laisse échapper un suc laiteux, comme les autres pavots.
Les feuilles, généralement sessiles (en botanique, une feuille, une fleur ou un fruit est dit sessile lorsqu'il est directement attaché à la tige, sans pétiole ou pédoncules) et alternes, sont découpées en lobes étroits et dentés. Les fleurs comportent quatre pétales un peu froissés qui se recouvrent un peu. Leurs nombreuses étamines ont des anthères noir bleuté. Les fruits (à ne pas confondre avec les fleurs en boutons) sont des capsules glabres contenant une grande quantité de graines, facilement disséminées par le vent.

Sont très proches du coquelicot et souvent confondues avec lui deux espèces de pavots, Papaver dubium, ou pavot douteux, aux fleurs plus claires, et Papaver hybridum, pavot hybride, dont les pétales foncés portent des taches noires à leur base. Autre espèce voisine est le Papaver argemone, pavot argémone, de petite taille et dont les pétales ne se chevauchent pas.

Le coquelicot est appelé aussi ponceau, pavot coquelicot ou encore pavot rouge. D'abord écrit coquelicoq (1545), son nom est une variante de l’ancien français coquerico, désignant le coq par onomatopée. Il s'agit d'une métaphore entre la couleur de la fleur et celle de la crête du coq.

Les coquelicots, tout comme les matricaires, la nielle des blés et les bleuets sont des plantes messicoles (plantes annuelles à germination préférentiellement hivernales habitant dans les moissons).

Sappho : poétesse grecque de l’Antiquité qui a vécu au VIIe siècle av. J.-C. à Mytilène, sur l'île de Lesbos appartenant aux Eoliens.

On ne connaît que peu d'éléments sûrs concernant Sappho : en effet, son amour pour les femmes est clairement lisible dans certains de ses poèmes, ce qui en a empêché la préservation par les scribes chrétiens médiévaux (les sources antiques elles-mêmes la condamnant parfois pour cela : la Souda, par exemple, parle d'« amitiés honteuses »). Ainsi, il ne nous reste d'elle que des fragments et des citations éparses faites par d'autres auteurs s'étendant à travers les siècles. On ne peut reconstituer son œuvre et sa vie qu'à travers ce prisme très déformant. Il ne faut donc pas perdre de vue qu'on parle à la fois d'une personne et d'un personnage, sans qu'il soit toujours facile de distinguer l'une de l'autre.

Alcée : Alcée de Mytilène (en grec ancien Ἀλκαῖος / Alkaĩos, en latin Alcaeus), appelé aussi Alcée de Lesbos, est un poète grec de l'époque archaïque, représentant de la poésie lyrique monodique. Le Canon alexandrin voit en lui le second des poètes lyriques grecs.

Il est né à Mythilène, tout comme Sapho dont il fut le rival et l'amoureux, la ville la plus importante de l’île de Lesbos appartenant aux Eoliens, vers l’an 630 av. J.-C. Pendant sa jeunesse, sa famille fut activement engagée dans la politique locale de sa ville natale. Les membres de sa famille appartenaient à l’opposition contre les tyrans régnant. Cette attitude fut probablement la cause de son exil. Nous savons qu’il a beaucoup voyagé, et qu’il a visité l’Egypte et la Palestine. Il est mort vers 580 av. J.-C.