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LE CHARDON-MARIE (français)

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LE CHARDON-MARIE

 

Soucis qui voltigent

Dans l’air hirsute

Des premiers jours du printemps.

 

Chasteté, fidélité,

Décence, pureté de ma vie

Devenue célébration incessante !

 

Pourtant, je n’ai pas connu

Le mariage mystique

De saint François d’Assise

Ni rencontré

Les fameuses trois Dames

Qui figurent

Dans le tableau de  Sassetta :

Pauvreté habillée de brun,

Obéissance portant une tunique bordeaux,

Pudeur toute vêtue de blanc.

 

Je me penche sur les chardons-Marie

De mon jardin,

Fleurs mauves,

Feuilles blanches

Maculées par les gouttes de lait

De la Vierge.

 

Fatigué,

Je m’allonge et m’endors

Entre la solitude du jour

Et le vert bruissement des brins d’herbe

Lourds de sève vigoureuse !

 

  Athanase Vantchev de Thracy

Paris, août 2010

Glose :

Chardon-Marie - Silybum marianum - (n.m.) : plante robuste, atteignant 1 m de hauteur à tige non ailée, de la famille des Astéracées ou Composées. Le Silybum marianum est le seul représentant connu du genre Silybum. Cependant certains auteurs mentionnent une seconde espèce, le Silybum eburneum. Le terme Silybum désignait en grec et en latin un chardon comestible. Ce dernier est facilement reconnaissable à ses feuilles vert pâle brillantes et épineuses marbrées de blanc. Le chardon-Marie affectionne particulièrement les lieux secs et ensoleillés et le sol acide. Très fréquent sur le pourtour méditerranéen, il est pratiquement absent au nord de la Loire (à l'exception des côtes atlantiques) et ne dépasse pas en principe 700 m. d'altitude.

Ses grandes feuilles vert pâle brillantes, pennatilobées et ondulées, sont bordées de dents épineuses à pointe jaune très acérée. Celles de la base sont pétiolées, en rosette, très grandes (jusqu'à 40 cm). Les supérieures sont plus petites et plus étroites, engainantes. Toutes présentent à l'avers de nombreuses nervures blanches, donnant l'impression que la feuille est maculée de lait. Les fruits sont des akènes luisants, noirs ou marbrés de jaune, surmontés d'une aigrette denticulée en anneau à leur base. Floraison à la fin du printemps.

Les noms de la plante

Noms vernaculaires français : chardon-Marie, artichaut sauvage, chardon argenté, chardon de Notre-Dame, chardon marbré, épine blanche, lait de Notre-Dame, silybe de Marie. Allemand : Mariendistel. Anglais : Blessed Milkthistle. Castillan : cardo lechoso. Italien : cardo mariano, cardo di Santa Maria

Le qualificatif marianium est lié à la Vierge Marie : une belle légende veut que celle-ci, voyageant d'Égypte en Judée pour échapper à Hérode, ait caché l'enfant Jésus sous une touffe de chardons, où elle lui aurait donné le sein. Quelques gouttes de son lait tombèrent sur les feuilles, d'où les nervures blanches caractéristiques de cette espèce. Cette légende est peut-être également à l'origine d'une indication traditionnelle dont l'efficacité n'a jamais été démontrée et qui voulait que la plante favorisât la lactation.

Le chardon-Marie dans l'histoire

Les Grecs de l'Antiquité connaissaient déjà les propriétés du chardon-Marie pour traiter les troubles hépatiques et biliaires. Le savant latin Pline l’Ancien (30 – 79 ap. J.-C.) recommandait de prendre le jus de la plante mélangé à du miel pour « éliminer les excès de bile ».

Au Moyen Âge, on disait que le chardon-Marie pouvait chasser la « mélancolie » qu'on appelait également « bile noire » et qui était associée à diverses maladies d'origine hépatique ou reliée au foie.

Sassetta ou Il SassettaStefano di Giovanni ou encore dénommé Stefano di Giovanni di Consolo da Cortona (1392 - 1450 ou 1451) : peintre italien de style gothique. Probablement élève de Paolo di Giovanni Fei. C’est lui l’auteur du célèbre tableau « Le Mariage mystique de saint François »

Sa première œuvre connue est le polyptyque de la Corporation des lainiers (1423-1426).