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LES LARMES DU GURKHA (français)

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LES LARMES DU GURKA

 

Jeune Gurkha,

Vaincu,

Tu as mis ton cœur,

Palpitant comme un champ de pivoines,

Sur la balance humide

De tes larmes !

 

Et il était plus léger

Que le poids de leur sel,

Plus translucide

Que le regard des moines

Du Népal !

 

De ses doigts,

Induits de parfums sacrés,

L’air du soir

S’est mis à tracer

L’ovale enfantin de ton visage

Et à appliquer du carmin sur ta bouche !

 

Puis, ce fut le silence

Des oiseaux

Qui étaient morts en route

Et qui, avec une élégance parfaite

Emplissaient les urnes funéraires

De l’aérienne pesanteur

De leurs corps d’azur !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 5 août 2010

Glose :

Les Gurkhas sont des membres du clan rajput Khasi de l'Inde du Nord qui, au XVIe siècle, chassés par les musulmans, ont émigré du Rajasthan vers le territoire actuel du Népal. Leur langue, le gurkhalî, un dialecte indo-européen proche de l'hindî, est devenue la langue commune du Népal sous le nom de népalî ou népalais.

D'après la légende, au cours du VIIIe siècle, le jeune prince Bappa Rawal, né Kalbhoj, fondateur de la dynastie de Mewar, alors qu'il chassait avec des amis dans les jungles du Rajasthan, aurait découvert le saint guerrier Gurû Gorkhanath (en fait le philosophe Goraknâth ou Gorakshanâtha, qui vécut entre le Xe et le XIVe siècle) plongé dans une profonde méditation.

Il décide alors de rester auprès du saint et de le protéger durant sa méditation. Lorsque celui-ci revient au monde, il est touché par la dévotion du jeune prince. Pour le remercier, il lui offre la dague Kukri, et lui dit que, dorénavant, lui et ses hommes seront connus dans le monde entier pour leur bravoure et les Gurkhas, c'est-à-dire disciples de Gorkhanath. Il donne comme mission aux Gurkhas de stopper l'avance des envahisseurs musulmans qui sont en train de s'emparer de l'Inde blanche, c'est-à-dire de l'Afghanistan, appelée Qandahār à cette époque, qui est alors un royaume hindou et bouddhiste.

Certaines légendes prétendent que Bappa Rawal a poursuivi ses campagnes militaires jusqu'à conquérir l'Iran et l'Irak avant de se retirer pour une vie d'ascèse au pied du mont Meru.

En 1559, quelques-uns des Gurkhas, descendants de Bappa Rawal, et conduit par leur chef Dravya Shâh émigrent vers l'est et se découpent un petit royaume sur le territoire du Népal actuel, à 80 km au nord-ouest de Katmandou. Ils donnent à ce territoire le nom de Gorkha (le District de Gorkha) en l'honneur de leur saint patron. En 1769, sous la conduite du maharaja Prithivî Nârâyan Shâh, qui règne jusqu'en 1775, ils s'emparent de la majorité du territoire actuel du Népal, alors dirigé par les Malla, et s'installent à Katmandou où ils font de l'hindouisme la religion d'État.

En 1788, puis en 1791, les Gurkhas envahissent le Tibet et pillent le monastère de Tashilhunpo à Shigatse. En 1792, le Tibet demande l'aide de la Chine pour se défaire de ses envahisseurs.

Les Gurkhas et la conquête anglaise

À partir de 1814, ils tentent d'agrandir leur territoire au sud et s'opposent aux intérêts de la Compagnie anglaise des Indes orientales, ce qui entraîne la guerre anglo-gurkha (1814–1816). Défaits, ils signent le traité de Saugali en novembre 1815, se rebellent à nouveau et sont écrasés à Makwanpur en 1816. Durant cette guerre, les Britanniques sont si impressionnés par leur vaillance qu'ils vont bientôt les recruter régulièrement, avec la permission du premier ministre d'alors, Shree Teen Maharajah Jung Bahadur Rana (père du Népal moderne), comme mercenaires organisés en régiments de Gurkhas au sein de l'armée de la compagnie.

Les Gurkhas sont alors classés en deux catégories : les Gurkhas Thâkur/Rajput, qui se considèrent comme les descendants des Gurkhas originaux et qui n'acceptent de servir qu'en tant qu'officiers et les Gurkhas tibéto-mongols qui acceptent de commencer leur carrière comme simples soldats. L'un des premiers Thâkur/Rajput, le général Narendra Bir Singh, des Gurkha Rifles, deviendra même l'aide de camp de Mountbatten. Après l'indépendance des Indes, les Gurkhas Thakur/Rajput refusent de servir dans l'armée britannique mais autorisent les tibéto-mongols à y servir.

D'après les lois internationales, les Gurkhas intégrés aujourd'hui dans l'armée britannique ne sont pas considérés comme des mercenaires mais comme soldats entièrement intégrés à cette armée, constitués en une brigade de Gurkhas, et soumis aux lois et règlements qui régissent tout soldat britannique. Un système équivalent régit les Gurkhas servant dans l'armée indienne.