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ZAKYNTHOS (français)

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ZAKYNTHOS

 (Ζάκυνθος)

A mes amis bien-aimés Théo et Anastase Crassas

« Toujours ouverts, toujours en veille les yeux de mon âme »

            Dionysios Solomos

  

Solomos et Théo, Kalvos et Foscolo,

Ô île bienheureuse, retiens ces noms divins !

Que leur gloire sans ombre, que leur génie serein

Emplissent d’arôme ton air et de jacinthes tes eaux !

 

Cette paix qui vient d’en haut, ces cimes vêtues de pins,

Ce paradis où Dieu parle librement à l’âme

Dans des poèmes sublimes comme la chanson des rames

Guidées par le silence des valeureux marins.

 

Ô Zante, accueille mon chant comme dans les temps antiques

Ton cœur a accueilli le fils de Dardanos,

Le Troyen splendide, le tendre Zakynthos

 

Et ses navires fleuris de roses et de colchiques.

Je veux finir ici ma route vers le sommeil

Léger comme tes clochers, et pur comme ton soleil.

 

            Athanase Vantchev de Thracy

Fleurigny, ce lundi 28 août, Anno Domini MMVI

Le grand poète français Théo Crassas et son frère, Anastase, choisirent Zakynthos, pour passer leurs vacances de l’été 2006.

Glose :

Zakynthos : île grecque (410 km2), la troisième en superficie des Îles ioniennes, également appelée Zante. Dans l’Antiquité, elle fut connue sous le nom de Hyria. Zakynthos compte 38 000 habitants. La ville principale de l’île est Zakynthos-ville. Son point culminant s’élève à 756 m. Zakynthos fut occupée pendant de nombreux siècles par les Vénitiens qui l’honorèrent de la maxime « Zante, Fior di Levante » (Zante, la Fleur du Levant). L’île de Zante est réputée pour ses magnifiques paysages verdoyants, ses très belles plages de sable fin, blanc ou doré, et ses eaux cristallines. C’est ici que viennent se reproduire chaque année les tortues Caretta-Caretta.

Zakynthos : personnage de la mythologie grecque qui donna son nom à l’île. Il était fils de Dardanos, lui-même enfant aimé de Zeus et d’Electra, considéré comme l’ancêtre légendaire des Troyens.

Dionysios Solomos (Διονύσιος Σολωμός) – 1798-1857 : poète grec né à Zakynthos. Il fit ses études supérieures en Italie. Solomos regagna ensuite l’île de Corfou où il passa le restant de ses jours et y mourut d’apoplexie le 9 février 1857. Ses restes furent transférés à Zakynthos en 1865. Dionysios Solomos écrivit en langue démotique, à Zakynthos, en mai 1823, pendant la période de lutte acharnée du peuple grec pour la libération de sa patrie du joug ottoman (1821-1828), L’Hymne à la Liberté, poème composé de 158 strophes. Cet Hymne fut, après de nombreuses compositions en italien, sa première œuvre en la langue maternelle. Elle lui assura son statut de poète national. Solomos fut appelé par ses compatriotes « le Dante grec ». Les premières strophes de L’Hymne à la Liberté furent choisies comme texte de l’Hymne national grec et mises en musique par Nikolaos Mantzaros en 1828 à Kerkyra (Corfou).

Théo Crassas (1947 - ) : un des plus grand poète français d’origine grecque. Théo Crassas naquit le 9 Avril 1947, date anniversaire de Charles Baudelaire, à Bujumbura, capitale du Burundi, de père chypriote et de mère crétoise. Du côté maternel, il descend d’une famille francophone dont le plus noble représentant fut le poète Homère Békès, de l’école de Constantinople. Célèbre dans la Grèce d’avant-guerre, Bekès, le traducteur de Gérard de Nerval, eut le privilège de recevoir son diplôme de bachelier en 1904, à Constantinople, des mains de Pierre Loti.

Après une enfance studieuse en Grèce, Théo Crassas se rendit en France en 1965, et plus précisément à Aix-en Provence pour y accomplir des études juridiques. C’est sur la montagne Sainte-Victoire qui se dresse tout près d’Aix-en-Provence qu’il naquit, en 1971, à la poésie française. Diverses influences déterminèrent cette éclosion à l’art poétique et plus précisément celle de l’Occitanie médiévale, de l’Espagne toute proche et de l’Amérique latine.

En 1977, il s’installa à Paris où il découvrit l’Orient et la Grèce antique. Revenu en Grèce en 1993, il reprit, après quelques années de silence et de réflexion, ses activités littéraires. A partir de 1995, il s’adonna complètement à la poésie, composant un nombre impressionnant de recueils. Il y développe une mystique de l’Amour plongeant ses racines dans le néo-platonisme, dans le soufisme persan et dans le tantrisme tibétain. L’Amour pour Théo Crassas est une Théophanie, le miroitement de la divinité dans la chair, la pure projection de l’Être en soi dans l’image poétique. La Femme identifiée au Corps et à l’Âme de l’univers y joue un rôle essentiel. Elle est tour à tour Déesse, Épouse-Puissance de Dieu, Prêtresse.

Andréas Kalvos (Ανδρέας Κάλβος) – 1792-1869 : contemporain de Dionysios Solomos et poète reconnu, Kalvos naquit en 1792 à Zakynthos. Sa mère, Andriani Roukani, était issue d'une famille noble, alors que son père, loannis Kalvos, était un petit-bourgeois aventurier. En 1802, loannis Kalvos abandonna son épouse et partit avec ses deux fils pour Livourne (Italie).

L'enfance de Andréas Kalvos fut difficile. Il fut stigmatisé par l'absence de sa mère et par sa nostalgie de la patrie abandonnée. Livourne fournit à Andréas Kalvos la possibilité de se cultiver. C'est dans cette ville qu'il eut le premier contact avec le grec ancien et le latin. Mais à cause de la vie mouvementée de sa vie de famille, le jeune homme n'arriva pas à recevoir une éducation systématique. Ses parents divorcèrent en 1805. Andréas continua à vivre avec son père et à le suivre dans ses nombreux voyages.

L'année 1812 fut très importante pour le poète. D'une part, il perdit son père et d'autre part il fit la connaissance de Ugo Foscolo, un des plus grands poètes et érudits de l'époque. Ugo Foscolo devint le professeur d’Andréas et l'initia  au néoclassicisme. En 1813, Kalvos écrivit trois drames en italien, Thirameni, Les Danaïdes et Hippias. En 1816, le poète perdit sa mère. Cette mort le bouleversa profondément. La même année, il partit pour Angleterre en compagnie de son maître, Ugo Foscolo. Hélas, en 1817, leur amitié prit fin, à cause du caractère difficile tant d’Andréas Kalvos que de Ugo Foscolo.

En 1824, à Genève, Kalvos publia La Lyre, dix odes patriotiques, et, en 1826, à Paris, il publia, Les Lyriques, dix autres odes.

En 1826, il décida de rentrer en Grèce. Il vécut à Nauplie, puis à Corfou (août 1826), où il enseigna à l'Université ionienne. En 1852, Kalvos partit soudainement pour l’Angleterre, où il se maria pour la deuxième fois. Lui et sa femme dirigèrent un pensionnat de jeunes filles à Lincolnshire. Kalvos y traduisit des livres pour l'église anglicane.

Le poète mourut en novembre 1869. En 1960, ses ossements furent transportés, avec des honneurs, à Zakynthos. Son oeuvre poétique demeura dans l'oubli pendant plusieurs années. C’est vers les années 20 que Constantinos Palamas redécouvrit son œuvre. Enfin reconnu par sa patrie, Andréas Kalvos devint le maître de plusieurs générations de poètes grecs.

Ugo Foscolo (1778-1827) : un des plus grands poètes et patriotes italiens. Ugo Foscolo naquit à Zakynthos le 6 février 1778. Son père, Andrea Foscolo, originaire de Venise, était médecin. Il épousa une grecque, Diamantia Spathi. Le nom de baptême du pète fut Nicolo, mais il préféra s’appeler Ugo.

A Zakynthos, Ugo Foscolo eut comme professeur le fameuxérudit Antonios Martelaos. Sa mère et son professeur lui insufflèrent l'amour pour la Grèce. En 1788, après la mort subite de son père, Ugo Foscolo s'installa avec sa mère et ses frères à Venise. Il y étudia le grec ancien et le latin. Le jeune poète s'intéressa particulièrement aux idées du siècle des Lumières et décida de lutter pour imposer en Italie les idéaux démocratiques de la Révolution française. Aussi rejoignit-il l'armée républicaine de Naples, prit part à plusieurs batailles et devint commandant. Il se rendit ensuite à Milan, puis à Pavie, où il fut nommé professeur à la fameuse Université de la ville. En 1812, à Florence, il fit la connaissance d’Andréas Kalvos, qui devint son secrétaire. Le jeune Andréas le suivit en Suisse (1815) et à Londres.

Quand la Révolution grecque éclata, Ugo Foscolo éprouva le désir ardent de se rendre en Grèce et de se battre pour la libération du pays, comme le démontre sa lettre adressée à Mavrokordhâtos (1824). Mais le mauvais état de sa santé ne lui permis pas d’effectuer ce voyage.

L’oeuvre de Foscolo est très importante. Il a écrivit des sonnets, des odes, des drames, des  critiques littéraires, ainsi qu’un roman Les dernières lettres de Giacomo Ortis. Il traduisit en italien l'Iliade. Le poète mourut en Angleterre, pauvre et oublié de tous. En 1871, ses ossements furent rapatriés à Florence.