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©CET

English Version

« My God, what is a heart? »

 

         George Herbert (1593-1633),

        

Tu entres, allumes la lumière, souris !
Le chant fragile de la nuit printanière pénètre,
Plein de pivoines et de pervenches, dans la maison.

 

Pourquoi es-tu si inspirée ? Pourquoi, si légère,
Ta robe fleurie flotte-t-elle sur le velours du silence
Avec la délicate volupté d’un songe tissé de félicité ?

 

Rêves-tu à des parfums captieux
Qui embaument tes mouvements
Et font frémir le temps dans les rideaux 
Comme des feuilles de vieux peupliers?

 

T’affermes-tu à l’odeur fastueuse des cassis,
Au chuchotement craintif des cerisiers ?

 

Ô, Tendre, comme j’aime cette joie
Ondulant autour de ton corps,
Pareille à la brise azuréenne
Qui court, dehors, dans les pins !

 

Viens, apprends-moi
L’art de la connivence avec la haute lumière,
L’amoureuse grammaire des chaudes graminées,
Le sens des foudroiements des étoiles sur le cœur.

 

Je suis si fatigué !
Alors que mon âme voudrait tant parler
La langue vierge des prairies
Et connaître le sens caché
Des tablettes de buis d’Apronenia Avitia !

 

Explique-moi par quel art tacite
L’amour déplace sans cesse ses frontières
Pendant que, abandonné à la molle indolence,
J’écoute les variations flûtées des merles !

 

Dis-moi, âme aimée,
What is a heart ?

 

A Paris, ce dimanche 6 février, Anno Christi 2005

 

 

Glose:

 

George Herbert (1593-1633) : Poète anglais. Frère de lord Edward Herbert of Cherbury, il fut élevé par sa mère, Magdalen, l’inspiratrice du grand poète et prédicateur John Donne (1573-1631). Disciple de Donne en poésie, il consacra sa vie au sacerdoce et son œuvre à l’illustration de la foi chrétienne ; on le surnomma « le saint de l’école métaphysique anglaise ». L’œuvre d’Herbert abonde en recherches formelles, pouvant aller jusqu’aux calligrammes : dans l’un des poèmes du Temple (1633) intitulé L’Autel, les vers sont disposés en forme d’autel. Son sens de la complexité formelle  trouve un écho immédiat dans l’œuvre de Richard Crashaw (1612-1642), et, par-delà son époque, dans celle de Hopkins (1844-1889).

 

Les tablettes de Buis d’Apronenia Avitia : notes fugitive d’une grande patricienne romaine, Apronenia Avitia, au moment où Rome croule sous les coups des Barbares.