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Postludium

 

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Il vangelo secondo Matteo
 

English Version

« C’est pourquoi même l’univers, dans son entier, ne suffit pas à l’élan de la contemplation et de la conception humaines ; mais  les intuitions franchissent souvent les bornes de l’enveloppe ; et, faisant le tour de la vie d’un coup d’oeil circulaire, on perçois combien ce qui est supérieur et beau l’emporte en tout, on reconnaîtra rapidement la fin pour laquelle nous sommes nés »

 

         Longin (vers 213-273),

         Traité du sublime

 

Les premières primevères sont en fleurs, mon âme,

Comme elles sont radieuses, comme elles sourient, ô mon âme,

Comme elles jouissent de l’ample estime des saisons !

Ô douce promesse de la larme, calices germinatifs de joie !

Ô fleurs qui donnez aux mots un sens virginal,

Libre, glorieux, surprenant !

 

Que sonnent les cloches des archanges !

 

Ô Temps sublime, ô Pâques divine,

Ajoute ton pur savoir au lissage qu’apporte le matin,

Toi qui est temps en dehors du temps ordinaire

Et lumière en dehors de toute lumière !

 

 

Chantez, chantez, choeurs célestes, vous qui préexistez

Avant le dévoilement du Destin !

 

Que sonnent les cloches des archanges !

 

Sans toi, ô Fête des fêtes, ma vie aurait-elle

Plus de valeur qu’un grain d’infime poussière ?

 

Ouvre mes prunelles, ô Nuit des nuits,

Fais-moi entrer dans la Vie de la vie,

Fais-le, j’en t’en supplie,

Par un glissement inattendu,

Comme par une dissidence spontanée,

Qui se produira aujourd’hui,

Presque à mon corps défendant !

 

Que sonnent les cloches des archanges !

 

Lie, mets ensemble, ô Jour de Vie immémorable,

Ce qu’il y a de plus vrai, de plus aigu et de plus transparent

Dans mon amour !

 

Prête à ma mince mélodie force, persuasion et beauté !

Impose à mon corps le doux transport des rouges-gorges

Evanouis dans l’écume des glycines,

La tendresse hardie des bourgeons !

 

Que sonnent les cloches des archanges !

 

Ô Pâques des âmes attentives !

Comme est belle cette nuit la Nuit !

Comme l’ombre s’amenuise à l’approche de l’Aurore !

Comme l’édifice des planètes et des astres

Ouvre sa divine élégance aux lèvres

Touchées par l’extrême intimité de la grâce !

 

Que sonnent les cloches des archanges !

 

Sagesse du déploiement ! Sagesse de l’intensité !

Année qui échappe à la scansion des horloges,

Ramène au jour les sépultures des êtres aimés,

La végétation ensauvagée qui console leur sommeil,

Les ossements bouleversés

Des caveaux bâtis par les mains flamboyantes de la foi,

Les souvenirs des hautes nécropoles où repose intacte à jamais,

L’ultime Espérance !

 

Que sonnent les cloches des archanges !

 

Viens, ô Pâque sublime, architecture suprême de l’azur,

Viens sur les flots de l’Aube,

Sur les battements des ailes

Qui construisent le château de l’âme,

Egare-moi sans rémission dans ta splendeur extatique !

Viens, avance, souris, ô Pâques mienne,

Les bras chargés de printemps !

 

Que sonnent les cloches des archanges !

 

A Paris, ce mercredi 20 avril, Anno Domini MMV

 

En cette année 2005, la fête de Pâques orthodoxe aura lieu le 1 mai.

 

Glose :

 

Longin (Longinos Kassios – vers 213-273) : philosophe et rhéteur grec. Ministre de la fameuse reine de Palmyre, Zénobie. Il fut mis à mort par les Romains lors de la chute de cette florissante cité syrienne. Néoplatonicien, élève d’Ammonios Saccas à Alexandrie, il enseigna la rhétorique à Athènes et en Syrie. Il est l’auteur de l’un des plus saisissants ouvrages de l’Antiquité, le Traité du sublime.

 

Ammonios Saccas en latin Ammonius (fin IIe - début IIIe siècle) : ayant abandonné le christianisme, il fut le fondateur du néoplatonisme à Alexandrie où Plotin, Origène et Longin furent ses disciples.

 

Néoplatonisme (n.m.) : doctrine philosophique à tendance mystique qui a pris naissance à la fin du IIe siècle, à Alexandrie, lieu de rencontre des civilisations grecque et orientale et dont Ammonios Saccas est considéré comme le fondateur. Jusqu’au Ve siècle, le néoplatonisme se développa non seulement à Alexandrie, mais à Rome, à Athènes, à Apamée en Syrie. Cette doctrine doit beaucoup aux philosophes grecs Pythagore, Platon et Aristote, mais aussi à la pensée orientale et au développement de nouvelles croyances religieuses. Ses thèmes fondamentaux sont la théorie de l’émanation (ou procession) de toutes choses à partir de l’Un (ou du Bien), celles des trois hypostases (ou triades) – l’Un, l’Intelligence et l’Âme – et le mouvement de retour de l’Âme vers l’Un (ou conversion). Chez la plupart des néoplatoniciens, la philosophie est recherche d’une expérience mystique supra rationnelle. Ses plus illustres représentants sont : les Grecs Ammonios Saccas, Plotin (vers 205-270), Jamblique (vers 250-330), Proclus (412-485), Hiéroclès (Ve siècle), Simplicius (vers 500 - ?), le Syrien  Porphyre (234-305). Avec la redécouverte de ces auteurs au Quattrocento (XVe siècle) se développa un fort courant néoplatonicien représenté par le philosophe et humaniste italien Marsile Ficin (1433-1499), auteur d’une Théologie platonicienne et De christiana religione.