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Mots d'azur
Andronikos
La Stèle obsidienne

Postludium

 

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©cet

English version
 

« Célébrant cette divine et sainte fête de la Mère de Dieu, venez fidèles, battons des mains,
glorifiant le Dieu qu’elle a conçu.

 

Très sainte chambre nuptiale du Verbe divin, cause de notre commune divinisation, réjouis
toi, ô Vierge immaculée, gloire des Prophète qui t’ont célébrée, ornement des Apôtres,
réjouis-toi »

 

            Ode VI chantée le samedi de l’Acathiste

 

 

Nuit profonde de l’été, tu descends dans nos âmes fascinées
Avec la grâce d’un pétale de pêcher porté par les baisers parfumés
D’une tendre brise amoureuse. Tu touches les cimes des cyprès
Et ils s’habillent de pourpre et d’ombres, plus dignes et plus élégants
Que les empereurs porphyrogénètes de Byzance !

 

 

Tu viens comme l’Archange Gabriel,
En ample robe mauve ornée de mille broderies précieuses,
Tes longs cheveux rayonnants
Flottant autour des humbles pétunias du jardin,
Le regard innocent, vierge de tout désir
Et l’odeur du ciel infini dans tes prunelles étoilées.

 

Ô Nuit, ta voix soyeuse remet sur nos cœurs palpitants  
Des doux rosaires de mots translucides
Et la silencieuse musique de mille rêves remplis de grâce merveilleuse !

 

Tu touches nos visages purs et la clarté d’une pudeur inconnue
Soudainement envahit nos mouvements élégiaques.
Et nous nous évanouissons lentement
Dans l’eau tranquille d’une tendresse inattendue.

 

Tu respires et sur ta lèvre inférieure tremble l’éternité !

 

Tu souris, ô Nuit, et fais courir une fraîcheur transparente
Au coeur de chaque chose, dans le sang de chaque être vivant !

 

Toute proche, la mer nocturne
Embrasse les paroles des hommes sur les lèvres !

 

Petites vagues faites de courbes lumineuses, d’élans et de repos,
D’hésitations enfantines et de pauses élégantes.

 

Ô Nuit qui fais remonter les hauts souvenirs vers nos cœurs taciturnes
Comme des frêles petits bateaux chargés de trésors inouïs !

 

Ô libre Nuit, nous te rendons grâce, en tremblant de reconnaissance,
De cet instant indicible où la fragile, la silencieuse perfection
Tâche d’élever nos pensées jusqu’à l’étreinte frissonnantes
Des mystères !

 

Fais nous vivre, ô Nuit immortelle, dans les jardins
Où fleurissent les pages d’un poème à la clarté moirée,
Fais-nous boire la lumière de ses lettres pleines d’âme
Et caresser leurs lignes en forme de fleuve de cuivre !

 

Ô Nuit, protège-nous de l’effeuillement de nos propres visages !

 

 

                                      Athanase Vantchev de Thracy

 

 

                 Saint-Raphaël, le 15 août 2004, fête de l’Assomption de la Vierge.

 

 

Glose :

 

Acathiste (n.m.) : hymne à la Mère de Dieu que les fidèles, le soliste et le chur (la petite chorale) chantent debout par respect pour les mystères qu’elle médite. Le mot hymne dans la langue de l’Eglise est du féminin. Poème acrostiche alphabétique, chacune des 24 strophes commençant par l’une des lettres de l’alphabet grec. On attribue ce texte à Romanos le Mélode (mort en 560).

 

Porphyrogénète (adj.) : du grec porphurogenêtos, « né dans la pourpre ». Se disait des enfants des empereurs de Byzance nés pendant le règne de leur père. Exemple : Constantin VII Porphyrogénète.

 

Pétunia (n.m.) : de pétun, « tabac ». Plante dicotylédone (solanacées) herbacée, ornementale, à fleurs violettes, blanches, roses ou panachées.

 

Moiré, e (adj.) : de moire, terme provenant de l’anglais mohair, « mohair », étoffe en poil de chèvre. Qui a reçu l’apprêt, qui présente l’aspect de la moire. Synonymes : chatoyant, ondé. Moirure (n.f.) : caractère, aspect d’une étoffe moirée. Moirer (verbe) : rendre chatoyant. Moirage (n.m.) : opération par laquelle on donne l’apprêt de la moire à une étoffe.