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Modestie
Non mon frère je ne suis pas triste
Immersion
Khosrow Anushirvan
Mots d'azur
Andronikos
La Stèle obsidienne

Postludium

 

MODESTIE

 

©CET

Version Anglaise

A Sidney E. Johnson

 

« En ces jours
Où ni fleurs, ni feuilles rouges
Ne sont restées sur les branches,
Demeure quelque temps
Ô neige qui fleurit les pins ! »

 

Dajô Tennô
(l’ex-empereur Go Toba)

 

I..

 

Il souffle un vent de la mer,
Il fait déjà froid, mon Ami !
Les jardins taciturnes
Se vêtent lentement de soie pourpre
Et de brocart jaune.

 

II.

 

Venez, venez à moi, ô mes Amis,
Voyageurs lointains
Sur les chemins trempés par la pluie.
Le portail de ma maison est ouvert !
En pensant à vous, je me suis assoupi
Contre le cœur d’une douce tristesse..

 

III.

 

Ô, mes Amis, les gens des collines disent
Que perdre son âme ce n’est pas mourir,
C’est faire comme si on n’en avait pas.
Ainsi parlent les gens des hauts coteaux
Quand la lune amène les pluies !

 

IV.

 

Comme ces paroles
Me remplissent d’angoisse,
Comme elles me semblent justes et pure,
Incantatoires et vraies !

 

 

V.

 

Il souffle un vent de la mer
Et le cœur,
Dans un état de vertige
Et de surabondance d’amour
Tourne son visage doux
Vers la face
De la divine modestie.

 

VI.

 

Et l’âme, en s’élançant
Vers ce qui est pur,
Immuable et immortel
Devient semblable  à l’éternité !

 

         Athanase Vantchev de Thracy

 

Fleurigny, Normandie, ce jeudi 24 août, Anno Domini MMVI

 

 

Glose :

 

Dajô Tennô ou Daijô Tennô ou encore Joko : ces termes désignent un empereur japonais qui a abdiqué en faveur d’un successeur. L’empereur poète dont il est question ici, est Kôkaku (23 septembre 1771 – 11 décembre 1840. Il fut le 119e empereur du Japon en  suivant la succession traditionnelle. Kôkaku régna du 16 décembre 1779 au 7 mai 1817. Son nom personnel était Morohito, changé plus tard pour Tomohito et son titre, Sachi-no-miya. À l'origine, le jeune prince devait consacrer sa vie à la prière au temple de Shuugoin de la maison de Kan’in-no-miya.
Cependant en 1779, le dix-huitième empereur du Japon, Go-Momozono, dont le nom personnel était Hidehito (4août 1758 – 16 décembre 1779) et qui monta sur le trône le 23 mai 1771, l'adopta dans son lit de mort, même s'il n'était pas un shinnō (prince de la couronne). Kôkaku n’était que le second cousin de GoMomozono  à qui sa tante, l’impératrice Go- Sakuramachi, dont le nom propre était Toshiko (23 septembre 1740 – 24 décembre 1813) avait cédé le trône. Kôkaku épousa la fille unique de Go-Momozono.

 

Pendant le règne de Kôkaku, la cour impériale renforça son autorité en proposant un programme de soutient au Bakufu (littéralement: « gouvernement sous la tente » ou shogunat : gouvernement militaire au Japon depuis la fin du XIIe siècle jusqu'à la révolution de l’ère Méiji - 1868) lors de la grande famine de Temmei (1782-1788).
Le Bakufu lui donna le titre honorifique de Daijo Tenno (empereur retiré). Très ouvert d’esprit, il fut en faveur de la scolarité. Kôkaku fit revivre des festivals aux tombeaux d'Iwashimizu (le dieu de la guerre shintô) et de Kamono. En 1817, il abdiqua en faveur de son fils Ninkô. L’empereur Ninko (16 mars 1800 – 21 février 1846), dont le nom personnel était Ayahito, régna de 31 octobre 1817 au 21 février 1846.

 

Bien que mis à la retraite, un Dajô Tennô pourrait toujours manifester son pouvoir. Le premier exemple de Dajô Tennô est l’impératrice Jito (VIIe siècle ap. J.-C.). Les empereurs retraités entraient souvent comme moines dans les monastères bouddhistes. Ils devenaient des empereurs cloîtrés. Le Japon compte 62 empereurs qui ont abdiqué. Cette pratique était plutôt commune pendant la période Heian.
Kôkaku fut le dernier empereur japonais à abdiquer.