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©Keegan

English Version

       

                        

A Quentin

 

« Le mot, mais qu’est-ce que le mot ? »

 

            Quentin

 

« Il faut que chaque mot qui tombe soit le fruit bien mûr
de la succulence intérieure… »

 

            Léon-Paul Fargue (1876-1947),
            Sous la lampe

 

Oui, cher Quentin, les mots ont besoin des vivants
Pour vivre et pour renaître. Mots simples comme
L’ondulation des blés mûrs, des mots vieux comme la mer
Usés et purs comme les galets, utiles tels : père, mère,
Frère, sœur, pain, sel, maison, feu, chaleur, enfant !

 

Des mots solides et vrais comme vivre, aimer, embrasser,
Souffrir, pleurer ou mourir ! Mots sonores, mots visuels !
Des mots cérémonieux où vibre, comme une musique saisissante
L’appel subtil vers la haute transcendance :
Une mise en état de grâce, une quête de sens,
Une ascèse, une intime anamnèse !

 

Mots qui émanent des choses et des êtres
Comme les sons d’une harpe faite de chair et de sang,
Comme les soupirs qui nous éloignent, mon cher Quentin,
Et qui nous rapprochent de nous-mêmes !

 

Mots immobiles et mouvants,
Vastes fleuves, chants du vent, clarté aurorale !

 

Oui, mon Ami, les mots sont des îles bienheureuses
Qui flottent dans l’éternité,
Des terres arables qui gagnent en pertinence,
En justesse, en profondeur à l’épreuve du soc et du temps !

 

Les mots sont une route délicate et légère
Où tendrement chantent, se taisent et s’étiolent
Nos cœurs et nos lèvres !

 

 

            Athanase Vantchev de Thracy

 

 

A Paris, ce vendredi 15 octobre, Anno Domini MMIV

 

Glose :

 

Mot (n.m.) : du latin muttum, « son émis », radical muttire, « souffler mot, parler », proprement « dire mu ». Chacun des sons ou groupe de sons correspondant à un sens, entre lesquels se distribue le langage.

 

Quentin : étymologie du prénom – du latin quintus, « le cinquième ». Ce n’est pas un rang de naissance (cinquième enfant) mais une référence au chiffre cinq, symbole de l’union des contraires. Prénom dérivé : Quintilien. Saint Quentin fit partie avec saint Denis et saint Lucien de Beauvais des premiers évangélisateurs de la Gaule.

Décapité vers 285 au moment des persécutions de l’empereur Maximien, c’est sur l’emplacement de son tombeau que s’est peu à peu édifiée la ville de Saint-Quentin (Aisne).

 

Léon-Paul Fargue (Paris 1876 – id. 1947) : poète français. Disciple de Mallarmé, il recueille la leçon de Verlaine, de Jammes et de Laforgue. Ses poèmes en prose ou en vers libre expriment avec un lyrisme contenu sa fantaisie, sa fidélité au souvenir, sa grande mélancolie
(Tancrède, 1895 ; Poèmes, 1912 ; Pour la musique, 1914.  Il est ami de Valéry et Larbaud avec lesquels il fonde la revue Commerce (1923). Fargue revendique avec éclat, pour le poète, le droit à la solitude. Maître d’une langue riche en images insolites  et en trouvailles cocasses, il célèbre sa ville natale avec une tendre ferveur (D’après Paris, 1932 ; Le Piéton de Paris, 1939) et évoque, dans de brillantes chroniques, la société parisienne, ses artistes et ses artisans, des premières années du siècle  à l’après-guerre de 1945 (Haute solitude, 1941 ; Refuges, 1942 ; Lanterne magique, 1944 ; Méandres, 1947 ; Portraits de famille, 1947).