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Lampadophores
Modestie
Non mon frère je ne suis pas triste
Immersion
Khosrow Anushirvan
Mots d'azur
Andronikos
La Stèle obsidienne

Postludium

 

Lampadophores

 

©CET

Version Anglaise

« Le temps change tout sauf cette part de nous-même qui, inlassablement et jusqu'à
la fin, s'étonne devant tout. »

 

         Thomas Hardy

        

 

Nous allons, mon Ami, chacun dans
La haute nuit de sa haute solitude,
Remplissant nos mains
Des scintillantes jonquilles des étoiles d’or
Et du lis virginal de la lune.

 

Et notre belle éloquence
Emprunte, ô mon Ami,
Toute sa suavité à la douce musique,
Tout son savoir
A la subtile dialectique.

 

Les allitérations,
Les répétitions sonores des mots solennels,
Les fleuves des rimes,
La clarté des homéotéleutes,
Les assonances printanières,
Les épiphores, les épizeuxes,

 

Tout cela n’est que de la musique, mon Ami,
Mélodie flamboyante qui élève
Notre âme, notre cœur, notre chair
Aux sublimes hauteurs
De la sublime Harmonie.

 

Et nous avançons dans les ténèbres
Suivant le tressaillement de l’air mauve
Et les caprices de l’émotion bleue,
Précédés par les flammes ardentes
Des peupliers lampadophores.

 

Mais où allons-nous ? 
Quelle eau timidement murmurée
Appelle nos pas silencieux ?

 

Quel charisme spirituel
A séduit les roses de nos bouches,
Les pivoines de nos esprits
Portés par une mer pacifique,
Poussés par un vent modéré ?

 

Que cherchons-nous encore,
Nous qui savons que seul Dieu
Peut encore suppléer à notre
Indigence illimitée !

 

Nous,
Les disciples fidèles du Verbe immortel,
Enfants attentifs
De Connos, fils de Métrobios,
Et de Lampros, le maître limpide
Du chant immortel !

 

Athanase Vantchev de Thracy 

Paris, le 18 mai 2006

 

Glose :

 

Lampadophore (n. et adj.) : du grec lampadêphores , lui-même de lampas (λαμπάς, λαμπάδος) et phoreô (φορέω-ώ), « porter ». Qui porte des flambeaux.

 

Thomas Hardy (Higher Bockhampton, près de Dorchester 1840- Dorchester 1928) : poète, romancier et dramaturge britannique. De petite bourgeoisie terrienne, il apprit chez lui le grec et le latin et devint stagiaire chez des architectes à Dochester, puis à Londres, où il étudia la théologie, la littérature et l’astronomie. Son premier roman, Le Pauvre et la Dame, écrit en 1867 et apprécié par Meredith, ne fut jamais publié, mais servit plus tard de base à Une indiscrétion dans la vie d’une héritière. La carrière de Thomas Hardy débuta  avec Remèdes désespérés (1871), Sous la verte feuillée (1872), Deux yeux bleus (1873), roman inspiré par son amour pour Emma Lavinia Gifford qu’il épousa en 1874. Il écrivit également des nouvelles :
Contes du Wessex (1888), Un cercle de dames nobles (1891), Les Petites Ironies de la vie (1894), Un homme transformé et autres contes (1913). Hardy doit surtout sa célébrité à des romans dits de caractère et d’atmosphère : Loin de la foule déchaînée (1874), Le Retour au pays natal (1878), Le Maire de Casterbridge (1886), Les Forestiers (1887) et surtout Tess d’Urberville (1891), qui fit scandale par son audace, et Jude l’Obscur (1895), que sa propre femme tenta de faire interdire. C’est à la suite de cette crise intime qu’il se tourna vers la poésie (Poèmes du Wessex, 1898), son principal mode d’expression jusqu’à la fin de sa vie. Après la mort de sa femme, en 1912, il exorcisa par la poésie le sentiment de culpabilité né de son mariage, en 1914, avec une épouse plus favorable à la création littéraire. Il ne se départit jamais de son pessimisme.

 

Dialectique (n.f. et adj.) : du grec dialektikê, « art de discuter ».  Ensemble des moyens mis en œuvre dans la discussion en vue de démontrer, réfuter, emporter la conviction (argumentation, logique, raisonnement). Dans la philosophie : art de discuter par demande et réponse (dialogue, maïeutique).

 

Allitération (n.f.) : du latin littera, « lettre ».  Répétition des consonnes initiales (et par extension des consonnes intérieures) dans une suite de mots rapprochés : Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? (Racine).

 

Assonance (n.f.) : du latin adsonare, « répondre par un son, par un écho », de sonus, « son ». Répétition du même son, de la voyelle accentuée à la fin de chaque vers : « A bon chat, bon rat ».

Homéotéleute (n.m.) : du grec homoios (όμοιος), « semblable », « de même nature » et teleutê (τελευτή), « fin », « accomplissement », « réalisation ».
Terme de grammaire. Désinence semblable. Les homéotéleutes sont des formes de langage par lesquelles on place à la fin des phrases ou des membres de phrases des mots de même finale
: Il y avait cette rumeur de foule qui s'amuse et cette clameur
de charlatans qui rusent et ce grondement d'objets qui s'usent.

Epiphore (n.f.) : mot grec έπίφορά, έπίφοράς, « action de porter ‘sur’ ou ‘vers’ », « phrase ou proposition finale ». Répétition d’un mot ou groupe de mots en fin de phrase, de paragraphe, de strophe : Musique de l’eau / Attirance de l’eau / Trahison de l’eau / Enchantement de l’eau (Anne Hébert).

Epizeuxe (n.f.) : du grec epizeuxis (έπίζευξις), de  epi (έπί), « sur », « dessus » et zeugnumi (ζεύγνυμι), « joindre », « unir ». Itération lexicale contiguë : Vénus, Vénus.

 

Connos et Lampros : musiciens de l’Antiquité. Dans Ménexène (Oraison funèbre), Platon mentionne, par la bouche de Socrate, leurs noms : « C’est elle, et aussi Connos, fils de Métrobios : voilà mes deux maîtres, l’un pour la musique, l’autre pour la rhétorique. Ainsi instruit, il n’y a rien d’étonnant qu’on soit habile à parler. Mais tout autre homme, même moins instruit que moi, formé à la musique par Lampros et à la rhétorique par Antiphon de Rhamnunte, n’en serait pas moins capable, lui aussi, de gagner les suffrages en louant des Athéniens devant des Athéniens. »