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English Version

A Daniel Wheeler

 

« Anima hominis symphoniam in se habet et symphonizans est »

 

(L’âme de l’homme porte en soi la symphonie et est symphonique)

 

         Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)

 

La pluie qui tombe doucement, précautionneusement,
Elégamment sur les dalles antiques du jardin,
Remet à l’ordre la danse effrénée de rouges-gorges.

 

Appuyée contre le tronc du cyprès,
L’âme palpitante retrouve subitement
La splendeur édénique du langage !

 

Est-ce ainsi que les mots deviennent
Des petites flaques de clarté attentives
Où se reflètent la beauté entière des êtres subtils
Et la chaleur impalpable des choses de rien ?

 

Est-elle si illimitée la puissance du Verbe,
Cette inépuisable théologie printanière,
Remplie de don affectueux  d’un Dieu
Si proche de nos lèvres?

 

(Taisez-vous démons aériens,
Esprits tapageurs,
Arrêtez la durée blessante du bruit vide !)

 

Mer, cyprès, mouettes, cœur
Qui converse avec les fleurs taciturnes !...
Superna symphonia !

 

Tout ceci donne-t-il une modestie transparente
A la conscience souveraine de soi ?
Ô nuances infinis, fascinations nouvelles !...

 

Dites-moi, ô peupliers des lumières,
Dites-moi qu’il est vrai, qu’il est bon,
Qu’il est juste et délicieux de dire
Que par son feu incessant, l’âme attire,
Métamorphose et anoblit  
Les choses discrètes
Et les mots glorieux qui les nomment !
Confirmez ma pensée dans sa tremblante droiture !
Opus alterum per alterum
Oui, l’un est  l’œuvre de l’autre !

 

Tombe, ô délicate pluie,
Musique méticuleuse, écho suave et charnel
De l’harmonie des Cieux !
Protège le chant trop léger, la louange ardente,
L’allégresse palpable des herbes !
Abreuve la terre assoiffée
De cette lumière éthérée
Qui vibre, vit et respire dans tes gouttes !

 

Lave, ô pluie amoureuse,
Purifie le livre du monde
Ecrit  par la main minutieuse de nos vies
Bruyantes ou silencieuses !

 

         Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, ce dimanche 27 février, Anno Domini MMV

 

Glose :

 

Hortus deliciarum : le « Jardin des délices ». Titre d’un célèbre ouvrage encyclopédique sur l’histoire spirituelle de l’humanité écrit par Herrade de Landsberg (vers 1125-1195), abbesse du couvent du Mont-Sainte-Odile  (Alsace) et érudite. Ce texte, brûlé lors de l’incendie de la bibliothèque de Strasbourg (guerre de 1870), a pu être reconstitué à partir de nombreuses copies. Sainte Hildegarde de Bingen écrivit un recueil de chants grégoriens. Il
porte également le titre de Hortus deliciarum.

 

Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179) : une des plus grandes mystiques du Moyen Âge, surnommée « la Sibylle du Rhin ». Bénédictine, elle fonda les monastères de Rupertsberg (1147) et d’Eibingen (1165). Sainte Hildegarde devint célèbre pour ses écrits surprenants. Attwater dit d’elle : « Hildegarde était la première des grandes mystiques allemandes, prophétesse et poète, médecin et moraliste politique, qui réprimanda des papes et des princes, des évêques et des laïcs, d’une probité entière et d’une justice sans erreur ». Accusée par ses ennemis, elle fut défendue par saint Bernard de Clairvaux et par le pape Eugène III, un disciple de saint Bernard. Les savants modernes attachent beaucoup d’importance aux écrits de ce personnage exceptionnel. La plus connue de ces œuvres reste Sci vias (« Connais les chemins ») rédigée entre 1141 et 1151.

 

Superna symphonia : littéralement « symphonie placée en haut, symphonie d’en haut, symphonie supérieure ». Exclamation de sainte Hildegarde devant la beauté de la Création qui est, d’après elle, la face visible, le signe intelligible de l’ineffable grâce de Dieu.