Accueil
Biographie
Bibliographie

Evénements
Invités
Correspondance
Photos
Contact

OEUVRES

Voluptés inassouvies
Sainte Anne
Haiku
Soupir
Tendresse

Instant
Ad Limina Apostolorum
Noël
La Création

La mort du Prophète
Le visage de l'ami
La Vie s'avance
Chants monodiques
Emotion

Mitis ut colomba
Toi, Vierge de feu
Instants de pure éternité
Etait-ce moi, ô âme

Pâques

Tu frappes à la porte
Trois s
oupirs
Palmyre
Innocence
Des saintes et des roses
Nuit profonde de l'été
J'ai de la mort
Calme tragique et nostalgie
Des paroles anciennes
Frisson

Tu dis approche

Les mots
Eponymie
Sandro Botticelli
La chapelle funéraire
Rencontre
Synaxaire
Kontakion
Les cieux des cieux
Divagation
Offrande florale
Forêt de lumière
Aime-moi, Ô mon amour
Er le pamphylien
Tu entres, tu allumes la lumière
Elévation sur la beauté

La poésie russe
Hortus delicarium
Scintillement
Deux saisissements de l'âme
Ô temps sublime, Ô Pâques divine

Prosopopée
Douleur
La rue que j'habite
Accalmie

Ô Âme, Combien les paroles
Des Vers par d'autres aimé
Allophtoneonta

Seneca
Tu es, ami splendide
Catulle

Carthage
Berceuse
Au-delà de la surface
Transcendance
Et cette lumière insaisissable
Revelator Occulti
Rêve

Funérailles grecques

Souris mon bel enfant
Musique de la mémoire
Haibun pour un prince endormi
Haibun pour un prince amoureux
Aube
Ecoute, mon tendre prince
Je regarde par la fenêtre
Sublime perfection
Anaglyphes
Lampadophores
Modestie
Non mon frère je ne suis pas triste
Immersion
Khosrow Anushirvan
Mots d'azur
Andronikos
La Stèle obsidienne

Postludium

 

précédent  <     Calme tragique et nostalgie     >  suivant

 


©Sisley

English version
Español

                 « Alors tu viens, tu me prends par la main,
                 tu m’arraches au trafic de la nuit
                 et aux vrais amis me ramènes. »

 

                                      Dinos Christianopoulos  (1931 - ),

                                      « Douce vision »

 

Seul maintenant dans cette maison
Qui a vu tant de générations se suivre !

 

Où s’en sont-ils allés, ô mon âme,
Tous ces hommes, toutes femmes
Et leurs enfants ?

 

Reviendront-ils jamais dans ce jardin
Où fleurissent encore,
Gardiens d’une mémoire maternelle,
Cerisiers, pommiers et sapins, giroflées et iris ?
Veillent-ils leur tombent, flottent-ils dans l’écume
Des saisons, parlent-ils avec les fleurs, les oiseaux
Et les herbes des champs ?

 

Toi aussi tu t’en es allé !
Toi aussi, ô mon amour flamboyant,
Amour secret, amour pur, amour sacré de ma vie !

 

Le cœur palpitant, assis dans la pénombre,
Immobile, triste, silencieux,
J’entends ta voix, ta voix enfiévrée, ta voix embrasée
Venir, par les invisibles sentiers des passions printanières,
Jusqu’à l’immense nuit endormie au fond de mes yeux,
Jusqu’au feu hardi dans mes oreilles,
Jusqu’au ciel empourpré de mon souffle
Et les ravins abrupts de mon sang.

 

Sur mes lèvres ardentes, violentes de tendresse,
Se posent alors tes paroles.
Tes mains déversent dans mes mains l’air ruisselant de ton âme
Et le dense incendie du désir enflamme
Brusquement nos corps juvéniles.

 

Et je revis à nouveau les délires mordants des baisers,
Les exaltations vertigineuses  de la chair !
Nos corps qui s’offrent, brûlent, s’entrelacent, se confondent,
S’accrochent à l’imagination voluptueuse, s’abîment
Dans l’espoir puissant d’une vie éternelle, se roulent
Et se déroulent comme les vagues d’un cantique nuptial
Qui ne veut pas connaître de fin !

 

Ebranlé par cet exaltant souvenir,
Assoiffé encore de la chaleur vibrante de tes étreintes,
Je tressaille, me lève, me hâte à la fenêtre
Tendrement envahie par les caresses des glycines :

 

Mais dehors, c’est déjà la nuit, ô mon amour,
L’invincible, l’impénétrable, l’insondable nuit,
Le temps calme et assoupi des livres tragiques,
L’espace illimitée de la pure, de la haute nostalgie !

 

                             A Paris, ce vendredi 17 septembre, Anno Christi MMIV

 

 

Dinos Christianopoulos (1931 -) : Voici ce que dit de ce grand poète grec son traducteur, Michel Volkovitch : « Directeur de revue, critique redouté, traducteur, nouvelliste, essayiste, il règne sur la vie littéraire salonicienne (de Salonique). Sa carrière poétique fut aussi brève que précoce : sa poésie, d’une violente sincérité, s’est faite sans cesse plus intime et décharnée, jusqu’au silence. A 35 ans, tout était dit ».

 

Dinos Christianopoulos est auteur de six recueils : Le temps des vaches maigres (1950), Genoux étranger (1954), Chagrin sans défense (1960), Celui qui louche (1962), Le vers dans le corps (1964), Petits poèmes (1975).