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©Manuel Alvarez Bravo

English Version

« Le jour n’est pas plus pur que le fond de mon cœur »

 

            Racine 1639-1699,

 Hippolyte, Phèdre IV, 2

 

 

Aime-moi comme je t’aime, ô mon amour !
Viens, ô mon amour,
Habille de regards de tendresse
Mon poème fatigué !
Ce qui traverse mon sang
Brille en profondeur dans ma chair,
Se reflète dans mon chant,
Livre d’eau vive, page de primevères d’or !

 

Aime-moi comme je t’aime, ô mon amour !

 

Tu le sais, ô mon amour,
Ton nom est la pure lumière
Qui vogue et frissonne en moi,
Le ruisseau libre qui inonde de mélodie bleue
Mes os palpitants et la terre que j’habite !
Toi, mon amour, aube d’avant l’aube,
Arbre de feu, neige fleurie
De graines rouges !

 

Aime-moi comme je t’aime, ô mon amour !

 

Cette vive passion qui me brûle,
Ces mots qui tissent la trame flamboyante de ma vie,
Cette défaillance acharnée du langage
Qui donne à la sécheresse dans ma gorge ce goût d’amour,
Cette transparence des mots et des choses
Qui tiennent fermés les rideaux somptueux de la mort,
L’éblouissement du sourire, la main parfumée du soir
Qui ne cessent de vibrer dans mes strophes,
C’est toi, ô mon amour !

 

Aime-moi comme je t’aime, ô mon amour !

 

Ce buisson couvert de fleurs blanches et roses,
Ces bribes de phrases denses,
Ces vers légers comme le flottement satiné de l’aurore,
Ces silences entrecoupés de voix harmonieuses d’alouettes
Et de flammes fraîches,
C’est toi, ô mon amour !

 

Aime-moi comme je t’aime, ô mon amour !

 

Aime-moi cette nuit où glacée de peur ma main tremble,
Libellule d’ambre sur la tige d’une renoncule enfant,
Aime-moi à cette heure où l’étoile brillante du berger
Ne veut plus se coucher sur la rivière de ma poitrine
Et la voix de l’oiseau de l’amour
Epuise le mauve du ciel de sa complainte inépuisable !

 

Aime-moi comme je t’aime, ô mon amour !

 

Viens, ô mon amour, pose le brasier de tes bras
Sur le brasier de mes tempes enchantées,
Soie de l’ombre contre la soie des pupilles,
Etoiles moirées à la verte odeur de pommes fraîches,
Baisers qui font fleurir et embaumer les iris avant l’heure,
Et frémir de clarté l’amandier
De tes sein dans la main droite de la nuit !

 

Aime-moi comme je t’aime, ô mon amour !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 3 janvier 2005